A Dieu Père Christian Duquoc

Le père Christian Duquoc, o.p., a rejoint la Maison du Père le dimanche 28 septembre 2008. Voici un passage de son livre "Jésus, homme libre".

Jésus a vécu sa divinité filiale dans notre condition : cela signifie que ni notre condition, ni même la mort ne s’opposent au mouvement de la vie de Dieu. Celle-ci est perceptible par tous dans le geste de miséricorde, dans la révolte pour que l’opprimé soit libre, dans l’espérance d’un monde où ne règne plus la violence, dans la brisure de l’ennui. L’assoiffé boit, l’affamé mange, le prisonnier rompt ses chaînes, l’esclave lutte pour être digne : ainsi s’ouvre le Règne de Dieu.
Dieu n’est pas Dieu là où la mort est bannie par magie, mais là où l’homme, dans la reconnaissance de l’autre homme, lutte pour faire surgir un avenir. La mort est vaincue, comme mort humaine là où, affrontée dans sa réalité la plus dure, cesse notre complicité avec elle. Jésus l’a maîtrisée. [...] En risquant sa vie, c’est-à-dire en faisant de la mort comme destin biologique ou naturel l’expression de sa lutte prophétique, Jésus montra que la mort humaine est aussi une production historique. Son acte d’espérance, faisant de sa mort l’enjeu de sa lutte prophétique, consista à croire que Dieu arracherait au destin naturel son pouvoir. La Résurrection, même si elle est victoire sur le destin, l’est d’abord sur la complicité de la liberté avec le néant. Dans cette lutte pour infléchir le sens de notre histoire afin qu’elle ne soit plus connivence morbide avec le destin, mais création au risque même de sa vie, Jésus se révèle Fils de Dieu.
Christian Duquoc, Jésus, homme libre, (Ed. du Cerf, 2003), p. 115.

Les obsèques du père Christian Duquoc, o.p., auront lieu le jeudi 2 octobre 2008 à 12h00 en l’église Saint-Nom de Jésus, 95 rue Tête d’Or, Lyon 6ème.

A lire aussi le communiqué de presse de l’Université catholique de Lyon suite au décès du père Duquoc.

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Publié le 1er octobre 2008 dans : Actualités > Brèves