À la veille pour les lendemains

Les catholiques de France se sont souvent divisés pour savoir comment témoigner. Où trouver le bon équilibre entre les différentes indications de l’Évangile : sel de la terre ou lumière du monde ? Comment intégrer les contraintes de notre histoire : silence au nom de la laïcité ou manifestation au nom du témoignage ?

Les tenants de l’enfouissement et les adeptes du lampadaire semblent se réconcilier dans une attitude fondamentale : celle de la veille.

Cercles de silence, veilleurs du mariage et de la filiation, veilleurs de la fraternité, mères veilleuses : autant de personnes qui ont choisi le silence pour cri, un point immobile pour bouger les choses, la position assise pour se mettre debout.

Qui veillent-ils ? Que veillent-ils ? Les réfugiés. Les enfants. La fraternité, avec ces groupes qui se mettent en place dans le diocèse au lendemain du rassemblement de Diaconia. Ce numéro leur est dédié.

Dis-moi qui tu veilles, je te dirai qui tu es. Quelles sont ces choses au fond de toi qui te font « veiller tard » ?

Leur veille est d’abord un éveil. Un état de conscience qui veut garder à l’esprit ce à quoi l’on ne renoncera jamais, ce que l’on ne lâchera pas : l’accueil de l’étranger, le respect de l’enfant, le soin de la fraternité.

C’est au fond la toute première attitude chrétienne, avant même l’écoute, qui suppose premièrement d’être réveillé, attentif, disponible. Rien ne peut pénétrer l’esprit inconscient, endormi, hypnotisé.

Une lumière à la main, dans le cœur ou au fond des yeux, ils sont les sentinelles de la civilisation de l’amour. Ils répondent à l’ordre de Jésus : « Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » (Mc 13, 37). De cette veille pour tous, nous ne savons ni le jour ni l’heure, il y a donc urgence. Il nous le demande toujours, à la veille pour le lendemain.

Chaque fois que tu veilles l’homme, tu t’approches un peu plus de Dieu. Ce Dieu qui, le premier, nous veille comme une mère soucieuse de ses enfants, comme un père qui aime veiller, émerveillé.



par Pierre Durieux


« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière ! »
Edmond Rostand


Source : Editorial d’Eglise à Lyon, n°6, juin 2013, p.3. Lire le sommaire ici.

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Publié le 29 mai 2013 dans : Diocèse > Médias diocésains > Eglise à Lyon