"Avec la mort, la vie n’est pas détruite, elle est transformée"

Le 1er avril dernier, le cardinal Philippe Barbarin accompagnait le pèlerinage des étudiants et jeunes professionnels des 10 diocèses de la province de Lyon. Retrouvez ci-dessous son homélie donnée lors de la Messe des Rameaux, dans la cathédrale du Puy-en-Velay.

La Passion de Notre-Seigneur, une lecture immense, démesurée ! C’est étrange, car chaque dimanche, nous lisons un miracle, une parabole. Des miracles, il y en a environ quarante dans l’Evangile, et autant de paraboles, mais quand arrive le dimanche de la Passion, l’événement central de notre foi, on nous fait lire d’un seul coup tout le récit de notre salut, alors que nous aimerions le méditer ligne par ligne. Deux chapitres entiers ! Chez saint Marc, c’est presque disproportionné ; cela correspond à un cinquième de son Evangile. On a même dit parfois que les Evangiles n’étaient que les récits de la Pâque du Christ auxquels on avait fait quelques ajouts préalables.

Pourtant, je me dis souvent que c’est un beau choix de la liturgie, parce que des foules de gens entrent dans nos églises le jour des Rameaux. Ils se considèrent ou on les regarde parfois comme éloignés de l’Eglise, mais ils viennent fidèlement chaque année. Ils entendent le récit de la Passion et de la mort du Christ, puis ils vont au cimetière et déposent un rameau béni sur la tombe de ceux qui leur sont chers. Dans ce geste, ils expriment notre grande espérance : « Avec la mort, la vie n’est pas détruite, elle est transformée. » Dans la mort du Christ, il y a une folie d’amour, que Dieu a transformée en victoire. Jésus meurt en se remettant entre les mains de son Père, et, dans ses mains, il retrouvera la vie au matin de Pâques !

Tout nous dépasse dans ce récit. Nous sommes scandalisés et, finalement, perdus devant tant de haine et de jalousie, tant de cruauté, tant de jugements hâtifs et de décisions si injustes, de violences, de trahisons, de reniements, de lâchetés... Tout cela nous égare, nous accable. Peut-être vaut-il mieux, au fond, que nous ne nous arrêtions pas aux détails de ce récit…, nous ne le supporterions pas ! Encore que la méditation de la Passion, comme la manifestation d’un amour inépuisable, peut devenir pour nous une source nouvelle, et nous permettre ainsi de découvrir cet amour et le partager, de le recevoir au fond de nos cœurs et le transmettre aux autres.

- Lire la suite de ce texte sur le site de la pastorale des jeunes.

Publié le 23 avril 2012 dans : Evêques > Mgr Philippe Barbarin > Textes