Dimanche 10 septembre

Évangile : Mc 7, 31-37

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata !  », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s’ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur recommanda de n’en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu’il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

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Méditation

Jésus vient de guérir la fille d’une syro-phénicienne et il poursuit sa route en territoire païen. La mission de Jésus sauveur est universelle. Et le salut qu’il apporte se situe d’abord au plan de la réussite de la création : pour que celle-ci puisse être proclamée « bonne », il faut que l’homme soit parfait. Il va donc rectifier l’anomalie dont souffre l’homme qu’on lui amène : la surdité et le bégaiement. Il n’y avait personne pour voir Dieu modelant l’Adam des origines. Jésus prend le handicapé à l’écart de la foule qui ne verra que le résultat. Toute action thérapeutique est dans la droite ligne de l’œuvre créatrice, dans la confidentialité et l’efficacité !

Mais la publicité de la méthode employée peut s’avérer utile. Marc nous la révèle. Jésus fait appel au Père créateur (il lève les yeux au ciel), lutte contre le mal qui, dès l’origine, s’est lové au cœur de la création (pousse un gémissement). Il met ses doigts dans les oreilles et sa salive sur la langue : c’est par l’humanité de Jésus que Dieu nous apporte le salut. Ce geste est repris lors du baptême des adultes. Et au geste se joint la parole, comme dans tout sacrement : Ouvre-toi. Au singulier et non au pluriel comme on pourrait le supposer en parlant des oreilles ! C’est l’homme qui doit s’ouvrir à la Parole. Et pour que nul n’ignore que Jésus est bien le Messie, la citation d’Isaïe 35, 4-6 (reprise dans la première lecture) le confirme  : Voici votre Dieu, c’est lui qui vient vous sauver… alors… les oreilles des sourds s’ouvriront… et la langue des bègues criera de joie.

C’est Jésus, l’homme parfait tel que voulu par Dieu, qui peut rectifier ce que les forces du mal ont perverti. Il apporte le salut, l’harmonie du corps pourvu de tous ses sens, mais en même temps harmonie de tout l’être qui reconnaît son créateur, auteur de sa vie qui ne trouve son épanouissement que dans l’adhésion à son dessein d’amour. Ce récit, enchâssé entre deux récits de la multiplication des pains, nous renvoie à l’eucharistie, médication souveraine pour recouvrer cette santé qui nous donne joie et vie… éternelles. Ayant entendu cette Parole du Seigneur, remercions Dieu de nous avoir creusé l’oreille (Ps 40, 7) !

Pierre Duhameau

Publié le 28 août 2006 dans : Témoigner > La Parole de Dieu > L’Evangile de dimanche prochain