Dimanche 19 février

Évangile : Mc 2, 1-12

Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

Or, il y avait dans l’assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : ’Tes péchés sont pardonnés’, ou bien de dire : ’Lève-toi, prends ton brancard et marche’ ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. » L’homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

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Méditation

Jésus a prêché dans la synagogue de Capharnaüm puis « dans les synagogues par toute la Galilée » (1, 39), où il a guéri et chassé les démons. Sa notoriété est déjà établie. Le voici de retour à Capharnaüm, « à la maison », où il annonce la Parole et le pardon des péchés d’un homme paralysé.

« Voyant leur foi »
Est-ce que le désir de ces gens portait sur le pardon des péchés ou sur la guérison d’une infirmité ? Jésus déplace les attentes. Parce qu’il voit loin dans les attentes : la guérison qu’il peut opérer sur un homme est le signe du pardon qu’il vient accorder à toute l’humanité qui s’ouvre à sa parole.
A la foi de ceux qui portent cet homme, et qu’aucun obstacle n’arrête, s’opposent les raisonnements des scribes, qui, même gardés secrets, peuvent fermer la porte de la foi. C’est pourquoi Jésus les prend au sérieux. Le problème ici n’est pas la foi, mais les résistances possibles à la foi.

« Il blasphème »
Les premières contestations que Marc retient portent sur la parole de Jésus : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. » Or Jésus ne s’est pas exprimé à la première personne, mais au passif. Qu’est-ce qui empêchait les scribes de comprendre « pardonnés par Dieu » ? Jésus agirait alors en prophète, annonçant à l’homme le pardon de Dieu. Le prophète Nathan annonce en effet à David : « Le Seigneur pardonne ta faute » (2 S 12, 13), sans être taxé de blasphémateur, parce qu’il est reconnu comme prophète parlant au nom de Dieu. Est-ce que les scribes attendent alors que Jésus prouve par quelle autorité il dit à l’homme que ses péchés sont pardonnés ? L’accusation porte plus loin.
Jésus perce d’abord l’accusation de blasphème, et y répond en demandant ce qui est « le plus facile ». Ce qui n’est pas de l’ordre du « facile » requiert une force, un pouvoir particulier. Jésus met en jeu son autorité et le signe qu’il en donne est de guérir le paralysé par la seule autorité de sa parole : « Je te l’ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. ». Puisque sa parole est suivie d’effet, c’est qu’elle vient de Dieu, le blasphème est levé.

Mais Jésus va au-delà. Non seulement il n’est pas un blasphémateur, mais il se révèle comme « le Fils de l’homme » qui « a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre ». Son pouvoir vient de Dieu, non comme un pouvoir que relaye un prophète, mais comme son propre pouvoir divin. Jésus revendique de partager pleinement l’autorité de Dieu en matière de pardon des péchés. Voilà sa mission : être sur terre le pardon divin. Etre cette force de guérison, de salut.

« Rien vu de pareil ! »
Et tous rendaient gloire à Dieu. Les scribes compris ? Le texte ne se prononce pas. Mais plus loin (11, 27-33) les scribes n’ont manifestement pas reconnu que Jésus agissait par l’autorité de Dieu. Les contestations des scribes et des pharisiens vont s’exacerber jusqu’à la Passion. Manger avec les publicains et les pécheurs, chasser les démons, prendre le repas avec des mains impures, chasser les marchands du temple, est-ce que cela peut venir de Dieu ? Signes et prodiges, annonces, explications ne suffiront pas à les convaincre. Mais la mort sur la croix retournera le centurion romain et la résurrection de Jésus sera le signe qui récapitulera et donnera sens à tous les autres signes accomplis.

« Lève-toi »,
Sors devant tout le monde, vis de la foi, vis de cette force de résurrection, accueille le pardon infini de Dieu en Jésus, et laisse-là tes raisonnements !

Marie-Hélène Robert
Missionnaire de Notre-Dame des Apôtres

Publié le 6 février 2006 dans : Témoigner > La Parole de Dieu > L’Evangile de dimanche prochain