La Maison Sainte-Blandine, un an après

Il y a un an naissait le projet d’une nouvelle propédeutique à Lyon, pour les jeunes ayant grandi dans la forme extraordinaire du rite romain et voulant devenir prêtre diocésain. La rédaction a rencontré l’abbé Laurent Spriet, responsable de la maison Sainte-Blandine, pour faire le point sur cette première année.

Comment s’est passée cette première année pour la maison Sainte-Blandine ? Avez-vous eu beaucoup de demandes ?
En juin 2010, 8 jeunes hommes souhaitaient intégrer la maison Sainte-Blandine, début août ils n’étaient plus que 2... Finalement un seul a suivi cette première année. Mais Dieu aime les petits nombres ! Concrètement, tout se déroule bien et même très bien : c’est un bon début et l’avenir est prometteur.

La formation a finalement été maintenue. Comment s’articule-t-elle ? Il s’agit d’un an de fondation spirituelle, confiée à des prêtres de l’association Totus tuus mais aussi à des prêtres et à des laïcs nommés par l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, pour enseigner et accompagner.
La formation se compose de temps de prière quotidien en commun (oraison, laudes, sexte, vêpres, complies et chapelet, en plus, bien sûr, de la sainte Messe), de lecture de la Bible (de facto, tout l’Ancien et le Nouveau Testament en une année), de l’étude du Catéchisme de l’Eglise Catholique (là aussi dans son intégralité), de cours d’introduction à la vie spirituelle, de latin et de chant grégorien, de culture chrétienne (études de textes de la littérature), d’un accompagnement spirituel, de session de liturgie dans des abbayes bénédictines (Solesmes et Triors), des Exercices de saint Ignace de Loyola (30 jours) et enfin d’un mois de service auprès des plus démunis. Sans parler des deux heures de sport hebdomadaire. Bref, on ne s’ennuie pas…

Quel est aujourd’hui l’avenir de ce premier propédeute ? Où ira-t-il au séminaire ?
Chaque propédeute est confié par son évêque à notre Maison, et il revient à cet évêque de déterminer où ses séminaristes poursuivront leurs études. Pour le diocèse de Lyon le choix du cardinal Philippe Barbarin pour ce premier futur séminariste de notre diocèse issu de Sainte-Blandine est d’intégrer le séminaire provincial Saint-Irénée pour le cycle de philosophie. La forme extraordinaire ne sera pas célébrée au séminaire, mais il pourra y participer en lien avec la communauté de l’église Saint-Georges (tout comme c’est déjà actuellement le cas pour la Maison Sainte-Blandine). Des cours de latin et de chant grégorien compléteront l’enseignement donné au séminaire. Ainsi la cohérence de sa formation avec celle déjà reçue dans notre Maison sera maintenue et poursuivie.

Cette initiative est assez unique ?
En effet, il n’existe pas en France de proposition équivalente. Ce projet est ouvert à l’ensemble des diocèses francophones. C’est un véritable service proposé par Lyon aux autres diocèses.

Pourquoi cette démarche ?
Cette idée est née avant la publication du Motu proprio par le pape Benoît XVI, en 2007, mais je crois qu’elle s’y inscrit pleinement. L’objectif est de permettre à des jeunes hommes qui souhaitent devenir prêtres diocésains de pouvoir célébrer selon les deux formes du rite romain.
En réalité, il s’agit avant tout d’une question de recherche de l’unité. Ce que nous mettons en place est profondément fidèle à la volonté du Seigneur (« Qu’ils soient uns » cf. Jn 17) et aux textes de Vatican II. Pour le constater il suffit de lire la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium ou encore le discours du pape Benoît XVI à la curie romaine à l’occasion de la présentation des vœux de Noël, le 22 décembre 2005.

D’un point de vue personnel comment vivez-vous cette nouvelle mission ?
Les questions de la formation et de la vocation sacerdotales me « hantent » depuis des années. Sur mon image d’ordination j’ai voulu écrire cette intention de prière du Seigneur : « la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux, priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » Mt 9, 38. La demande que le Cardinal m’a faite de m’occuper de cette Maison en juin dernier a rejoint ce souci qui habite mon cœur depuis longtemps et qui s’est encore renforcé au cours de mon ministère en « paroisse ». J’y ai vu un clin d’œil de la Providence. C’est la raison pour laquelle je suis heureux de pouvoir servir aujourd’hui l’Eglise de cette manière.
Il m’apparaît nécessaire de proposer une alternative aux divisions actuelles : célébration uniquement en rite ordinaire ou célébration uniquement en rite extraordinaire, opposition des deux formes, exclusivismes de part et d’autre. Les deux formes du rite romain sont appelés à s’enrichir mutuellement. En soi, elles ne sont pas contradictoires. C’est ce que notre pape Benoit XVI nous a rappelé dans son Motu proprio. Ainsi, il est légitime de vouloir les célébrer selon les deux formes dans la continuité de la Tradition de l’Eglise, dans l’obéissance et pour servir l’unité.

Contacts
- Mgr Jean-Pierre Batut : jp.batut@lyon.catholique.fr / 04 72 38 82 61
- Abbé Laurent Spriet : laurent.spriet@free.fr / 04 72 77 07 90

A lire aussi :
- la présentation des premiers contours de la Maison Sainte Blandine, par Mgr Jean-Pierre Batut, en mars 2010

Pour en savoir plus :
- le site de l’association Totus Tuus

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Publié le 18 mars 2011 dans : Actualités > Brèves