La diversité des cultures, une richesse à partager

Les Etats membres de l’UNESCO ont adopté un avant-projet de convention sur la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques.

C’est en juillet 2004 que ce projet a été lancé, partant du principe que les biens culturels ne doivent pas être traités comme des marchandises.
 
Cette convention ne devrait pas être considérée comme une déclaration de plus sur la diversité culturelle mais comme un texte normatif fondateur du dialogue des cultures, à partir des définitions dont les participants sont convenus :
http://www.cef.fr/catho/actus/evenements/2002/20021211messagejp2.php
 
Trois grandes tendances sont apparues lors des discussions qui se sont engagées parmi les 132 délégations qui participaient aux réunions :
http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=11281&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
 
Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Unesco, conscient de l’égale dignité de toutes les cultures et de l’importance de la diversité culturelle en tant que « patrimoine commun de l’humanité  », a donné son plein soutien à ce projet de convention.
 
Pour lui, la multiplicité des cultures semble à première vue justifier l’agnosticisme éthique et le relativisme alors qu’elle devient, au contraire, « diversité féconde et créatrice  » si les cultures ne restent pas fermées les unes aux autres, si elles entrent en relation car du croisement des cultures anciennes naissent de nouvelles cultures : les cultures doivent dialoguer, elles sont un chemin vers l’autre, avec l’autre.
 
Les valeurs universelles peuvent être vécues sous différentes formes sur tous les continents mais l’aspect religieux des cultures ne peut pas être nié. Le rapport au sacré et à différentes formes de transcendance fait partie de l’homme. Jean-Paul II affirme que la foi n’accède à la maturité que si elle devient aussi culture.
 
http://www.inxl6.org/article1416.php
 
Pour Mgr Hamao, président du Conseil pontifical des migrants, l’homme vit toujours selon une culture qui lui est propre et qui, à son tour, crée entre les hommes un lien qui lui est propre lui aussi, en déterminant le caractère interhumain et social de l’existence humaine.
 
Dans l’unité de la culture comme mode propre de l’existence humaine, s’enracine en même temps la pluralité des cultures au sein de laquelle l’homme vit.
 
http://www.lejourduseigneur.com/detail.do?noArticle=2694&id_key=37
 
Jean Cluzel, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences morales et politiques, pense que l’Europe laïque par son héritage gréco-latin, par ses deux religions bibliques et par les Lumières, a besoin de la multiculture pour transformer la réalité économique dans le monde en un projet spirituel pluri-formel. Il propose deux actions concrètes :
http://inxl6.cef.fr/article1311.php
 
Dans son ouvrage Le requin et la mouette, Dominique de Villepin pressent une autre mondialisation, ce qu’il appelle la troisième mondialisation, qui pose clairement la question de « la gestion de nos diversités culturelles ».
 
Le grand défi du XXIème siècle sera d’organiser, au niveau mondial, la cohabitation des cultures. « C’est par la différence et dans le divers que s’exalte l’existence  », écrit-il, en citant le grand voyageur Victor Segalen.
 
Enfin, la diversité culturelle, épanouie dans un cadre de démocratie est indispensable à la paix, elle est un ressort fondamental du développement durable, aussi nécessaire pour le genre humain que l’est la biodiversité dans l’ordre du vivant.
 
http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-378298,0.html
Denis Jobert

Publié le 1er février 2005 dans : Actualités > Regard sur...