Le crime farpait

de Alex de la Iglesia

Espagne/France/Italie, 2004, 1h44. Grand Prix du Festival de Cognac 2005. Sortie en France le 11 mai 2005.

avec Guillermo Toledo, Monica Cervera,, Luis Varela.

Comédie loufoque et grinçante, Le crime farpait est moins anodin qu’il n’y paraît et c’est une délirante critique de nos comportements les plus abjects. Rafael est un célibataire déjà mûr, qui aime jouir sans entrave de la vie et dont la philosophie est de prendre tout ce dont il a envie, sans jamais à avoir à rendre de compte à personne. Mail il a aussi une solide ambition professionnelle qui va de pair avec son goût pour les objets de luxe et les jeunes filles, jolies et disponibles pour de brèves aventures. Il convoite un poste de responsabilité dans un grand magasin mais il n’est pas le seul. Ce qu’il pense être un jour une chance pour lui va vite se transformer en enfer de tous les instants !
Mais au delà de l’histoire du personnage principal, Le crime farpait est un festival de regards acerbes et drôles sur les travers de notre société de consommation. On comprend alors pourquoi les hommes sont condamnés, par les médias et la société qui les fait et les consomme, à n’aimer que les jolies femmes et que les laides n’ont aucune chance, dans aucune circonstance. On réalise, dans les scènes de panique collective, que les individus ne réagissent plus avec l’instinct de survie mais avec celui de posséder et au milieu de l’incendie d’un grand magasin, ils n’oublient pas de partir avec les bras chargés de biens volés... Aux spectateurs dépravés pour avoir vu tant de vrais meurtres à la télé ou mis en scène au cinéma, on inflige en punition tragi-comique une scène de boucherie professionnelle. Et jusque aux fantômes venant hanter les consciences coupables d’avoir cédées au « toujours plus », qui sont habillés à la dernière mode et discutent chiffon dans un incertain et fumant au-delà. Le bonheur n’est pas celui qu’on construit ensemble mais celui vanté par la publicité.
Cette joyeuse pagaille est orchestrée avec brio et le rythme soutenu du film est très bien maîtrisé pour éviter les temps morts ou les redondances. On se laisse complètement prendre, et avec ravissement, par l’élaboration de ce Crime farpait. Un bon moment de cinéma !
 
Magali Van Reeth

Publié le 11 mai 2005 dans : Témoigner > Arts et culture > Les archives du cinéma