Mondovino

de Jonathan Nossiter

Etats-Unis/France, 2003, 2h15. Sélection officielle au Festival de Cannes 2003. Sortie en France le 3 novembre 2004.

Film documentaire.

Pire que la prolifération des boissons sucrées et des petits pains mous à la viande trop cuite, un terrible danger gastronomique guette les Français : l’uniformisation du goût du vin. Et c’est un Américain qui nous le dit ! Jonathan Nossiter est un jeune homme doué qui, après une enfance itinérante à travers l’Europe, a fait des études de sommelier avant de devenir un réalisateur dont le premier film, Sunday, a été primé au Festival de Sundance. Epouvanté par la tendance actuelle qu’ont les vignerons du monde à faire tous le même vin, il délaisse la fiction pour faire ce documentaire, Mondovino.
 
Pendant plus d’un an, Jonathan Nossiter parcourt le monde pour rencontrer les petits producteurs de vin comme les grandes sociétés. Dans les vignobles de Bourgogne, il s’attache aux relations subtiles que les hommes tissent avec la terre, et les pères avec leurs enfants. Transmettre, travailler pour faire vivre le sol, pour créer un produit dont on est fier. Dans les vignobles de Californie, des milliardaires charmants vous expliquent que ce qui compte, c’est l’argent, la stabilité du produit. Grosses fortunes en Italie aussi mais les relations entre deux grandes familles du vignoble sont mises à mal par les tentatives de rachat des Californiens. Au bout du monde, en Amérique du sud, un couple de paysans fait du vin dans une pauvreté et une solitude extrême, mais avec une générosité époustouflante.
 
Peu à peu, ce que laisse apparaître Mondovino, c’est aussi le pouvoir aberrant d’un seul homme, Robert Parker dont le Guide des vins, qui est d’abord le guide des vins que Robert Parker apprécie, est entrain de devenir un étonnant incontournable. Effet de mode ou gains énormes à la clé, certains viticulteurs se sont mis à parkeriser leur vins... Pour Jonathan Nossiter, la normalisation du vin, c’est une catastrophe ! Mondovino est un hymne à la diversité, aux goûts surprenants, à l’attachement au terroir et au foisonnement dans la création.
 
"Le vin, dans sa complexité infinie d’expressions, est sur la planète entière, la chose la plus à l’image de l’être humain. Il fédère les traditions judéo-chrétiennes et gréco-romaines, il les garde - ou plutôt les prolonge - vivantes, vitales et actuelles. Le vin est donc un dépositaire unique de la civilisation occidentale. Essayer de saisir l’état du monde du vin, c’est forcément une quête sur notre relation à la vie et à la mort, mais aussi une quête sur la transmission d’un passé, orienté vers l’avenir." Jonathan Nossiter.
 

Magali Van Reeth

Publié le 3 novembre 2004 dans : Témoigner > Arts et culture > Les archives du cinéma