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Synode : parle, ton évêque écoute !

Publié le 30 octobre 2017

Synode : parle, ton évêque écoute !

« Je vous écoute ! ». Tels furent les derniers mots du cardinal au terme d’une brève introduction d’une dizaine de minutes. Pendant près d’une heure trente, 39 jeunes se sont exprimés, 20 filles et 19 garçons, selon le propre décompte du cardinal à l’issue de la consultation.

Il ne leur a pas été nécessaire de « faire entendre leur cri », comme les exhortait le Pape à le faire. Au contraire, c’est avec douceur et humilité de coeur que les jeunes ont dit à leurs évêques leurs besoins pour grandir dans la foi, leurs attentes envers l’Église, et leurs idées pour rejoindre ceux qui ne connaissent pas encore Jésus.

Deuxième étape : une large consultation. D’avril à juin, un questionnaire a été proposé. Outre les réponses individuelles, une dizaine de mouvements étudiants ou de jeunes professionnels ont apporté leur contribution. C’est à partir de cette matière première qu’une synthèse a été rédigée par les responsables de la pastorale des jeunes, Agnès Sablon et Étienne Piettre, en lien avec le père Éric Mouterde. Elle sera ajoutée aux contributions émanant des autres diocèses de France, qui rédigeront un rapport présenté à Rome en octobre 2018.

« Les jeunes, la foi et le discernement des vocations »

Voilà les axes de réflexion proposés par le pape François. Se réunissant en synode en octobre 2018, une sélection d’évêques du monde entier étudiera les remontées de chaque pays. Les synodes ont été institués aux lendemains du Concile Vatican 2, en 1965. Contrairement au concile qui suppose le rassemblement de tous les évêques du monde entier, le synode n’en comprend qu’une partie, représentant chaque zone du monde. Il se réunit périodiquement pour discuter des questions majeures de l’Église, par exemple en matière de doctrine ou de discipline. Le dernier, sur le thème de la famille, s’est réuni en deux phases, 2014 et 2015, et a abouti à l’Exhortation apostolique Amoris Laetitia.

Le 13 janvier dernier, dans sa lettre adressée aux jeunes, le pape François écrivait : « je souhaite aussi vous rappeler les paroles que Jésus dit un jour aux disciples qui lui demandaient : « Maître, où habites-tu ? ». Il répondit : « Venez et voyez » (Jn 1, 38-39). Vers vous aussi Jésus tourne son regard et vous invite à aller chez lui. Chers jeunes, avez-vous rencontré ce regard ? Avez-vous entendu cette voix ? Avez-vous ressenti cette ardeur à vous mettre en route ? Je suis sûr que, même si le vacarme et la confusion semblent régner dans le monde, cet appel continue à résonner dans votre âme pour l’ouvrir à la joie complète ».

Les questions adressées aux jeunes

La consultation s’est organisée autour de questions classées en trois parties :

Vous, les jeunes

  • De quoi as-tu besoin pour vivre ta foi ? et tes amis ?
  • Tes propositions pour avoir votre place dans l’Église, tes amis et toi ?
  • De quoi as-tu besoin pour t’engager dans l’Église (petits et grands engagements) ?
  • Comment vous aider, tes amis et toi, à entendre l’appel de Jésus et y répondre ?

L’Église

  • Qu’attends-tu de l’Église ? et tes amis ?
  • Quels sont vos projets pour l’Église, tes amis et toi ?

Les autres

  • Tes propositions pour faire connaître le Christ autour de toi et dans le monde ?
  • Tes propositions pour aller au service des autres (pauvreté, éducation, accompagnement spirituel… ) ?

Ce que les jeunes ont répondu…

À l’appel du Pape, la pastorale des jeunes du diocèse de Lyon a consulté les jeunes de 16 à 30 ans dans le cadre du Synode sur les jeunes, la foi et le discernement des vocations. Voici, synthétisée en quelques désirs, l’expression de 330 jeunes.

Désir d’être formé :

  • formation biblique et théologique pour pouvoir rendre compte de la foi de façon intelligente et intelligible dans le monde d’aujourd’hui. Avec des temps communautaires d’échanges, de réflexions, de lectio divina, de débats…
  • formation humaine dans les domaines philosophiques et anthropologiques, comme dans les domaines psychologiques et les questions affectives et sexuelles… pour mieux comprendre l’homme et se comprendre soi-même et pouvoir s’orienter dans l’existence, suivre un chemin de vie pour soi et pour les autres.

Désir d’être accompagné :

  • par des personnes disponibles et formées à cela, par des personnes elles-mêmes matures affectivement, psychologiquement et spirituellement. Désir, à travers cet accompagnement, d’être accueilli profondément et entièrement dans toute sa personne et d’être respecté dans sa liberté et dans son cheminement, conditions nécessaires au discernement vocationnel.

Désir d’être responsabilisé, considéré :

  • « que l’Église nous fasse confiance » revient très souvent. Pour cela, les jeunes désirent se voir confier des tâches, des missions, mais qu’on leur donne aussi les moyens de répondre à ce qu’on leur demande (soit par une demande adaptée qui respecte leurs talents personnels, soit en leur donnant connaissances et outils nécessaires pour pouvoir y répondre).

Désir d’ouverture et d’élargissement des frontières :

  • au sein même de l’Église, par des propositions d’échanges oecuméniques (avec d’autres confessions chrétiennes) ; intercommunautaires (entre paroisses et mouvements existants au sein d’un même quartier, d’un même diocèse…) ; interdiocésains (proposition « d’Erasmus » ecclésial…).

Désir d’une Église :

  • qui reflète le Christ : qui soit témoin, une Église qui n’ait pas peur de professer ce en quoi elle croit, qui n’ait pas peur d’être interpellée par les hommes de notre temps et d’interpeller à son tour.
  • qui accueille : qui soit donc belle, aimante, appelante, fidèle, solide, maternelle, protectrice, éducatrice.

…et proposé comme idées concrètes

Le 9 avril dernier, jour des Rameaux, en la Primatiale Saint Jean-Baptiste, Mgr Barbarin et Mgr Gobilliard se sont mis à l’écoute… Voilà quelques extraits de ce qu’ils ont entendu.

Sur la fraternité entre clercs

« On a besoin que vous soyez des pères pour vos prêtres. On a besoin de voir un regard d’amour entre vous et les prêtres. Et parfois c’est un peu dur pour nous d’entendre des critiques entre prêtres ».

« Lorsqu’il y a eu à Lyon Centre l’annonce du départ du prêtre, j’ai vu sur les réseaux sociaux des gens très catholiques qui disaient : « vu Lyon-Centre c’est normal ». Je trouve que l’Église a un peu à balayer aussi de l’intérieur en rappelant que c’est peut être une richesse que cette diversité ».

Sur l’accompagnement spirituel

« J’ai la chance d’avoir un accompagnateur spirituel, mais ce n’est pas le cas de tous les jeunes. Ce n’est pas qu’on n’ait pas envie, mais c’est qu’on ne trouve pas. Souvent les prêtres manquent de disponibilité… Donc, comment faire en sorte qu’on revienne au coeur de la mission du prêtre ? »

Sur des rencontres diocésaines plus fréquentes, au-dessus des mouvements

« Ce serait bien d’instaurer un rendez-vous régulier diocésain avec les jeunes – une veillée d’adoration ou une messe mensuelle – cela nous permettrait d’amener d’autres amis qui sont plus loin de l’Eglise, de la foi, et de leur dire : « Viens, y a des jeunes ! ».

« Je constate qu’en France et dans tous les pays, il y a de nombreux mouvements dans lesquels les jeunes vivent des choses différentes mais avec un même message. Pourquoi ne pas se retrouver par exemple une fois par an avec des rencontres inter-mouvements ? »

Sur l’accompagnement de la vocation des femmes

« Un certain nombre de femmes trouve une difficulté plus grande à entendre l’appel de Jésus et à trouver un accompagnateur capable de les guider dans la spécificité d’un appel qui est moins simple que celui des garçons. Il y a beaucoup de prêtres dans les paroisses, c’est facile d’avoir un interlocuteur…Mais on a moins abordé le côté féminin de l’accompagnement. »

À quand un « Erasmus » ecclésial, des jumelages entre paroisses ?

« Je rêve d’un « Erasmus » ecclésial où on goûte à cette magie de l’universalité de l’Église, comme dans les grands rassemblements comme les JMJ, les rencontres de Taizé… Je me demande si les prêtres ne pourraient pas être envoyés pour quelques mois dans un autre diocèse ou continent pour découvrir d’autres rites aussi… Voilà, je rêve d’un « Erasmus » ecclésial ».

« Et quand on parlait d’« Erasmus » de l’Église, parler de l’« Erasmus » vers les banlieues parce qu’on parle beaucoup d’aller en périphérie mais ce serait génial d’avoir des échanges entre les paroisses au sein de Lyon. Pourrait-on avoir des parrainages, des choses comme ça… »

Sur le corps, la sexualité

« Je demande que l’Église forme les ecclésiastiques, ceux qui nous accompagnent, qui ont une vraie autorité dans notre vie et qui vont pouvoir nous accueillir, de l’adolescence à l’âge adulte, en nous aidant à découvrir le secret de la chasteté qui n’est pas seulement se garder mais se donner ».

« La pornographie, l’image et aussi la culture de consommation sur notre corps font des ravages dans le monde. L’Église, c’est un vrai trésor : pour découvrir notre dignité d’enfant de Dieu, y compris dans notre corps. J’aimerais qu’on annonce ce message jusqu’aux extrémités, car c’est celui qui peut nous évangéliser en premier en tant que jeune aujourd’hui ».

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