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Pollutions et vie chrétienne

Publié le 10 janvier 2018

Pollutions et vie chrétienne

Comme chaque année, nous connaîtrons encore des phase de pics de pollution. Des études montrent un lien étroit entre exposition à la pollution atmosphérique, particulièrement celles des particules fines dans les villes, et problèmes de santé (Le Monde, du 6.3.17). En France, elle est responsable de 48000 morts prématurées par an. De nouvelles données mettent en évidence des associations entre exposition aux particules les plus fines et  pathologies : maladies neurodégénératives, troubles cognitifs ainsi que des maladies chroniques comme le diabète.

La pollution aux particules fines a quatre sources principales : les déchets de la combustion des moteurs diesel ou à essence ; l’usure des pneus sur la chaussée et les émissions industrielles (raffinerie de Feyzin…) ; le chauffage au bois non performant ; la pollution agricole. Le pape François en parle explicitement dans Laudato Si’ (LS) aux numéros 21, 44, 50, 153. Alors allons-nous continuer à produire toujours plus de machines et de véhicules qui épuisent les ressources naturelles, polluent la planète et créent du chômage ?

Dieu nous a confié la création pour que nous en prenions soin (Gn 1, 29), nous ne pouvons pas rester indifférents à la dégradation de la Création, à l’altération de la santé de millions de gens ! Quelle planète voulons-nous laisser à nos enfants (LS 160) ? L’engagement pour « la maison commune » nous appelle, dit le pape François, à travailler ensemble pour résoudre les problèmes. Au-delà de l’indignation, ou de la résignation, nous sommes invités à agir, c’est notre responsabilité personnelle et collective.

Dans cette lutte pour la sauvegarde de la planète, « tout est lié » : la relation entre les pauvres et la fragilité de la planète ; l’invitation à chercher d’autres façons de gérer l’économie et le progrès ; la valeur propre de chaque créature ; le sens humain de l’écologie ; la nécessité de débats sincères et honnêtes ; la responsabilité de la politique internationale, nationale et locale ; la culture du déchet et la proposition d’un nouveau style de vie. Ces thèmes sont repris et enrichis (Cf. LS 16…). N’avons-nous pas, comme disciples du Christ, reçu un appel à bâtir un monde plus axé sur la relation humaine que sur la réussite et l’argent, la consommation ?

La métropole de Lyon est touchée par de nombreux épisodes de pollution aux particules fines. Les recommandations données par les autorités les jours de pics de pollution nous invitent à privilégier les transports en commun, le vélo ou la marche. Mais cela ne sera pas suffisant, les pouvoirs publics avec les acteurs industriels, doivent s’engager dans une politique de diminution de la pollution, qui prenne soin de la planète. Certes, la transition énergétique doit se faire de façon raisonnée, mais elle reste une nécessité !

A travers cet exemple, nous voyons bien apparaître trois niveaux d’action où nous engager :

Le premier niveau est celui de notre quotidien personnel et familial, nos choix, nos habitudes et style de vie ont des conséquences sur l’environnement. Ne rien faire équivaut à laisser l’état de la planète se dégrader.

Un second niveau d’action est de s’engager dans la durée dans un collectif, par exemple créer un groupe de travail  sur la paroisse ; rejoindre une association protectrice de l’environnement ou pour le développement durable.

Un troisième niveau concerne les choix collectifs et politiques pour adapter et renforcer les normes de qualité de l’air.

La « culture du déchet », dénoncée par le pape, le consumérisme, la recherche du profil épuisent les ressources naturelles et augmentent les pollutions en tout genre. Alors relisons l’appel que nous font le évêques dans leur texte «  Nouveaux mode de vie ? L’appel de Laudato Si’ » d’avril 2017. Dieu n’agit pas à la place des hommes, il nous accompagne dans nos responsabilités et nos solidarités pour nous aider à vivre en toute humanité.

Père Eric Mouterde, Vicaire général, avec d’Aude Corvaisier-Riche, déléguée épiscopale à la pastorale de la santé, Père Michel Raquet, délégué épiscopal pour l’écologie et Luc Champagne, délégué épiscopal, Familles et Société.

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