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3e dimanche de Carême (2019) : impatience des hommes, patience de Dieu

Publié le 18 mars 2019

3e dimanche de Carême (2019) : impatience des hommes, patience de Dieu

En lien avec le livret de Carême 2019, nous vous proposons de méditer l’Évangile de chaque dimanche de Carême.

Étape préparatoire : il s’agit avant tout d’entrer dans une lecture priante des textes bibliques. Pour cela :

  • Prendre le temps de lire et de relire lentement le texte d’évangile puis, en écho, l’autre texte biblique proposé.
  • Repérer, dans la scène, le ou les lieux, le temps, les personnages : la manière dont ils nous sont présentés, ce qu’ils font, ce qu’ils disent. Prêter aussi attention à ce qui se passe entre le début et la fin du récit : quel changement ? quelle nouveauté ?
  • Laisser la Parole résonner en vous, en vous aidant des questions posées. Il ne s’agit pas de répondre à tout mais de pointer, de manière concise, ce qui vous parle le plus.
  • Conclure éventuellement ce temps personnel par un Notre Père ou un Magnificat

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens
que Pilate avait fait massacrer,
mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit :
« Pensez-vous que ces Galiléens
étaient de plus grands pécheurs
que tous les autres Galiléens,
pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes
tuées par la chute de la tour de Siloé,
pensez-vous qu’elles étaient plus coupables
que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole :
« Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne.
Il vint chercher du fruit sur ce figuier,
et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron :
‘Voilà trois ans que je viens
chercher du fruit sur ce figuier,
et je n’en trouve pas.
Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?’
Mais le vigneron lui répondit :
‘Maître, laisse-le encore cette année,
le temps que je bêche autour
pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir.
Sinon, tu le couperas.’ »


Écouter la Parole

Un fait divers bien triste vient endeuiller la Galilée, il rappelle à la conscience de tous que nul n’est à l’abri… On est bien près du quotidien de nos journaux qui rapportent chaque jour que le pouvoir ou le hasard peuvent frapper fort et générer d’innocentes victimes. D’où vient alors que ce récit nous interroge encore ? Sans doute par l’écart que Jésus établit entre la répression des hommes à travers la police de Pilate et l’action patiente de Dieu. Si ce dernier est source de vie, il ne saurait punir à la légère.

Le fait divers devient dès lors appel à la conversion, dépassement d’une fausse évidence sur la justice divine et regard lucide sur moi-même. La parabole finale sur le figuier peu productif va en ce sens, elle évoque la patience divine qui, tel le vigneron, ne désespère pas de l’avenir quand je serai tenté de me conduire en juge impatient du comportement de mon frère, aussi sûr dans mes certitudes malveillantes que peu enclin à rechercher la cause véritable de mes propres stérilités.


Laisser résonner la Parole

Quelles sont mes lamentations sur moi-même, les autres ou le monde, quelles sont mes peurs paralysantes prétextes à ne pas entendre cette urgence à me convertir, à me tourner résolument vers Dieu et les autres ?

Dieu est plus patient à mon égard que ce que je le suis vis-à-vis de moi-même ; il respecte mes lenteurs et ma liberté. Qu’est-ce que je n’accepte pas en moi ou que je refuse ? Qu’est-ce qui entrave ma liberté intérieure ?

Et, je peux m’interroger sur ma relation aux autres : qu’est-ce qui me gêne chez telle ou telle personne ? Pourquoi ? Comment se manifestent mes impatiences ? Voudrais-je tellement que l’autre soit ce que je désire ?


Prier la Parole

Prière à ceux qui ne vont plus à la messe, du Pape saint Paul VI.

Comme elle est parfois vide, la maison du Seigneur ! S’il nous était possible de donner assez de voix pour vous atteindre, vous qui ne nous aimez plus, je demanderai votre pardon. Oui, nous devons vous demander de nous pardonner avant que vous ne demandiez à Dieu de vous pardonner. Car pourquoi notre frère s’est-il détaché de nous ? Parce qu’il n’a pas été suffisamment aimé. Parce nous n’avons pas assez veillé sur lui, que nous ne l’avons pas assez instruit, pas assez initié aux joies de la foi. Parce qu’il a jugé de la foi en partant de ce que nous sommes, nous qui prêchons et qui la représentons ; parce qu’en raison de nos défauts, il a été amené à s’ennuyer quand il était question de religion, à la mépriser, à la haïr parce qu’il a entendu plus de reproches que d’avertissements ou d’appels. […] Si nous vous avons traités avec ironie, avec sarcasme, si nous avons entretenu la polémique, aujourd’hui nous implorons votre pardon. Mais du moins, écoutez-nous…


Regarder la Parole

Le Christ et les disciples sous un figuier, attribué au Maître d’Anvers, 1485-1491, Rijksmuseum Amsterdam.

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Cet épisode de l’évangile est rarement représenté, au point que l’illustration choisie ne représente pas le texte de Luc mais la parabole du figuier mauditque l’on trouve dans les évangiles de Matthieu et de Marc. Mais les deux paraboles sont proches, elles nous exhortent à la patience. Cette patience nécessaire pour devenir un arbre aussi beau que celui que désigne le Christ du doigt et qui portera sans doute du fruit si on lui en laisse le temps.

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