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5e dimanche de Carême (2019) : le regard qui étonne

Publié le 01 avril 2019

5e dimanche de Carême (2019) : le regard qui étonne

En lien avec le livret de Carême 2019, nous vous proposons de méditer l’Évangile de chaque dimanche de Carême.

Étape préparatoire : il s’agit avant tout d’entrer dans une lecture priante des textes bibliques. Pour cela :

  • Prendre le temps de lire et de relire lentement le texte d’évangile puis, en écho, l’autre texte biblique proposé.
  • Repérer, dans la scène, le ou les lieux, le temps, les personnages : la manière dont ils nous sont présentés, ce qu’ils font, ce qu’ils disent. Prêter aussi attention à ce qui se passe entre le début et la fin du récit : quel changement ? quelle nouveauté ?
  • Laisser la Parole résonner en vous, en vous aidant des questions posées. Il ne s’agit pas de répondre à tout mais de pointer, de manière concise, ce qui vous parle le plus.
  • Conclure éventuellement ce temps personnel par un Notre Père ou un Magnificat

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple.
Comme tout le peuple venait à lui,
il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme
qu’on avait surprise en situation d’adultère.
Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus :
« Maître, cette femme
a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné
de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,
afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus s’était baissé
et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger,
il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau
et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un,
en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ?
Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit :
« Personne, Seigneur. »
Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »


Écouter la Parole

Il y a quelque chose de paradoxal dans cet évangile : tout passe par la qualité du regard alors même que Jésus reste penché vers le sol, écrivant des mots que nul ne pourra lire. Il y a en premier le regard des scribes et pharisiens accusateurs qui enferment la femme dans sa faute afin de mieux accuser Jésus. Il y a ensuite le regard de la femme qui cherche à fuir la foule hostile, toute entière portée par un désir de tuer. Mais il y a surtout le regard de Jésus qui perce les coeurs, renvoyant chacun à sa propre vérité. Aux accusateurs, il rappelle la lucidité sur soi-même qui conduit à l’infinie miséricorde sur l’autre ; tout homme est débiteur devant Dieu. À la femme, il rappelle qu’elle est plus grande que son péché ; à elle d’avancer sur un chemin de vérité. Or tout se vit dans la discrétion divine : alors même que la femme est jetée comme un objet aux regards de tous, Jésus baisse les yeux sans chercher à voir qui partira le premier, et il ne porte son regard vers la femme qu’après que celle-ci ne sera plus cet objet jeté en pâture. C’est bien ainsi que Dieu nous voit.


Laisser résonner la Parole

En contemplant Jésus dans cette scène qui invite à un jugement plus juste, qui ne condamne pas, et, d’un dimanche à l’autre au cours de ce Carême, je me laisse habiter par la conviction que ma vie spirituelle s’incarne dans ma relation aux autres et à moi-même mais aussi par les petits gestes de la vie quotidienne.

Je prends le temps de m’arrêter sur une relation difficile avec une personne : l’ai-je enfermée dans un acte incompréhensible à mes yeux, dans un jugement accusateur ou tout simplement parce qu’elle est différente de moi dans sa manière d’agir ou de penser ? Ne me suis-je pas laissé influencer par le regard des autres ? Quels sentiments m’habitent ? Quelle parole ou quel petit geste pour sortir de cette relation difficile ?

Je peux m’enfermer dans un regard négatif sur moi-même parce que « je ne fais pas le bien que je voudrais faire et je fais le mal que je ne voudrais pas ». Est-ce que je prends le temps d’accueillir les dons reçus de Dieu, des autres, de la vie ?


Prier la Parole

Prière pour la civilisation de l’amour, du Pape saint Paul VI.

Ô Christ, toi qui t’es fait pasteur devant nous qui marchons à ta suite, pressés d’atteindre dès maintenant un but qui soit à la fois digne et concret : comprendrons-nous le « signe des temps »,qui n’est autre que l’amour dû au prochain ? Dans la définition de ce prochain, tu as inclus tout homme qui a besoin de compréhension, d’aide, de réconfort, de sacrifice, même s’il nous ennuie, s’il est hostile, car il est toujours revêtu de l’incomparable dignité de frère.


Regarder la Parole

La femme adultère

La femme adultère, Soeur Claire Schmeltz, collection privée.

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L’artiste, la soeur Claire Schmeltz, a choisi de se concentrer sur le Christ qui écrit sur la terre. C’est lui le personnage le plus petit dans la composition, pourtant c’est lui le plus important.

À l’arrière-plan, la ville de Jérusalem est esquissée. Au premier registre, dans l’ombre se découpe la silhouette menaçante d’un pharisien et de la lourdepierre qu’il tient dans la main. On ne voit pas son visage, il peut être l’un de nous. Au centre de la composition, une femme, pensive, qui porte la main à sa bouche. Elle a l’air seule, perdue sur son fond gris, isolée dans son péché. Un demi-cercle doré entoure le corps penché du Christ qui écrit sur le sol, la puissance de sa miséricorde permet à la femme adultère de se relever. Sa robe rouge redevient blanche, couleur de libération et de résurrection.

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