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5e dimanche de carême 2020 : nos tombeaux ne sont pas des gouffres

Publié le 23 mars 2020

5e dimanche de carême 2020 : nos tombeaux ne sont pas des gouffres

En lien avec le livret de carême 2020, nous vous proposons de méditer l’Évangile de chaque dimanche de carême.

Étape préparatoire : il s’agit avant tout d’entrer dans une lecture priante des textes bibliques. Pour cela :

  • Prendre le temps de lire et de relire lentement le texte d’évangile.
  • Repérer, dans la scène, le ou les lieux, le temps, les personnages : la manière dont ils nous sont présentés, ce qu’ils font, ce qu’ils disent. Prêter aussi attention à ce qui se passe entre le début et la fin du récit : quel changement ? quelle nouveauté ?
  • Laisser la Parole résonner en vous, en vous aidant des questions posées. Il ne s’agit pas de répondre à tout mais de pointer, de manière concise, ce qui vous parle le plus.
  • Conclure éventuellement ce temps personnel par un Notre Père ou un Magnificat.

Troisième scrutin pour les catéchumènes, la répétition des scrutins montre la fidélité de Dieu, sans cesse renouvelée. 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11, 17-45

À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.

Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.

Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.

Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »

Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »

Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »

Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »

Ayant dit cela, elle partit appeler sa soeur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. »

Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.

Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.

Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.

Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »

Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? »

Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. »

Alors Jésus se mit à pleurer.

Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »

Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.

Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la soeur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »

Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »

Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »

Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. 

 


Écouter la Parole

L’arrivée de Jésus au tombeau de Lazare fait suite à des pourparlers entre Jésus, ses disciples et les deux soeurs du défunt. Ils préparent le face-à-face de Jésus avec la mort. Marthe pleure, c’est normal. Jésus aussi, c’est plus étonnant, car il a annoncé que celui qui vit et croit en lui ne mourra jamais. Mais cette non-mort définitive n’exclut pas la mort naturelle, qui peut laisser dans un grand désarroi. Pour redonner à Lazare un temps de vie terrestre, Jésus n’agit pas seul. Il prie son Père dont il sait qu’il l’exauce toujours. Lorsque retentit son cri, « Lazare, viens dehors ! », il est l’instrument du Père qui, seul, peut redonner vie. 

Il en sera de même lorsque Jésus retrouvera la vie après sa mort, une vie tout autre que nos pauvres décennies de vie terrestre. Une vie dont il dira, lors du Discours après la Cène : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi et qu’ils contemplent ma gloire » (Jn 17, 24). Le sort de Lazare entre cette reviviscence et sa deuxième mort n’est pas enviable. N’était-il pas mieux au Paradis ? Son drame a d’ailleurs inspiré des romanciers. Mais sa sortie de la tombe est le signe que nos tombeaux ne sont pas des gouffres sans fond. 


Laisser résonner la Parole

Que d’agitation dans ce récit ! La mort de Lazare trouble ses proches ainsi que Jésus qui était ami de la famille. Une fois encore on voit que Jésus, le fils de Dieu, est pleinement homme. Je contemple les mouvements concrets, les réactions intérieures des uns et des autres. Dans cette situation extrême je peux me laisser toucher par les sentiments qui affectent Jésus, et voir comment il agit : il s’en remet au Père. Et le Père redonne vie. 

Je peux me rappeler ce que j’ai ressenti lors de la mort d’un être aimé. C’est peut-être encore trop “douloureux”. Il me suffit alors de contempler Jésus, de voir sa douleur et ses larmes. Puis-je demander à Dieu qu’il me fasse “sentir” sa miséricorde ? Sinon comment ai-je réagi ? Me suis-je tourné vers Dieu ? Que s’est-il passé alors ? Ai-je vu rouler cette pierre qui enfermait, et la vie jaillir de cette expérience de la mort ? 


Se laisser transformer par la Parole

Ambroise de Milan

« Daigne, Seigneur, venir auprès de ma tombe et me laver de tes larmes : Je n’en ai pas assez dans mes yeux secs pour pouvoir nettoyer mes fautes ! Si je suis digne de tes larmes, j’éliminerai la puanteur de tous mes péchés. Si je mérite que tu pleures quelques instants pour moi, Tu m’appelleras hors de la tombe de ce corps et tu diras : « Viens dehors » Pour que mes pensées ne restent pas dans l’espace étroit de cette chair, mais sortent à la rencontre du Christ pour vivre à la lumière. »


Regarder la Parole

La résurrection de Lazare, Pacher Michael, retable de l’église St. Wolfgang im Salzkammergut, Autriche, 1480

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Ce tableau d’un autel autrichien de la fin du Moyen Âge fourmille de détails. 

Avez-vous remarqué le personnage à l’élégant chapeau rouge et noir ? Lui et son voisin se bouchent le nez à cause de l’odeur de Lazare. L’un des apôtres se penche vers la cuve et saisit délicatement le linceul. Marthe et Marie adoptent des attitudes de supplication, les mains jointes et le visage baigné de larmes. Le Christ aussi pleure, attristé par le décès de son ami. Il baisse le regard vers le tombeau et bénit le corps. Certains disent que Jésus pleure sur l’endurcissement du coeur de ceux que même ce miracle ne convertit pas.

Lazare a encore les yeux clos et son corpsest livide. Néanmoins, il se redresse dansson tombeau.