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Portraits des cinq nouveaux diacres permanents 2021

Publié le 15 juin 2021

Portraits des cinq nouveaux diacres permanents 2021

Cette année, cinq nouveaux diacres permanents seront ordonnés pour notre diocèse le 19 juin à 10h à la cathédrale. Découvrez leurs portraits.

Pierre-Yves Denis, 63 ans, installé à Jonage

Né Lyonnais, Pierre-Yves Denis a été baptisé à Villeurbanne et y a vécu les 38 premières années de sa vie. Il se marie à Marie-Christine à l’âge de 36 ans, et s’installe à Jonage pour y élever leurs deux enfants, Pauline et Quentin. Tous deux enseignants spécialisés, ils sont paroissiens à l’ensemble Meyzieu-Jons-Jonage-Pusignan, confié à la communauté Saint-Martin.

Qu’est-ce qui a compté dans votre jeunesse ?

Pour ma part, le scoutisme, enfant, puis adulte. Je pense souvent à ma promesse de louveteau : « Rendre chaque jour un service à quelqu’un » ; j’essaie d’y rester fidèle… Beaucoup plus tard, Paray-le-Monial avec nos enfants pour les sessions d’été : expériences vécues comme un cap dans mon chemin de foi, une re-naissance . Et dans la foulée, cela a ancré ma vie de prière, seul et en couple, qui prend une autre dimension parce que reliée à Dieu et au monde. Elle prend corps aussi à travers le groupe de prière Elohim, au sein de notre ensemble paroissial.

Comment l’idée de devenir diacre a-t-elle germé ?

C’est la faute du curé ; c’est lui qui m’a appelé ! Quelle baffe ! Aujourd’hui, quelle joie ! Une fois passé le cap du « Pourquoi moi ? Pour laquelle de mes misères le Seigneur m’a-t-il choisi ? », un mélange de joie et de crainte, d’inconscience dans la confiance pour, avec Marie-Christine, répondre « oui » à cet appel, rendre grâce et essayer au mieux d’avancer en disciple missionnaire, bien humblement !

Dans quels lieux votre vie fait-elle le plus sens ?

Mon métier est un « lieu » privilégié : avec des enfants, des  ados en difficulté scolaire et qui portent parfois d’autres souffrances. Mais il y a aussi tous ces autres « lieux » : en couple, en famille, avec les amis, ceux de la paroisse et les autres, ceux qui sont fidèles, ceux qui le sont moins… tout est propice à pouvoir essayer d’aimer… Heureusement que je peux compter sur la miséricorde du Seigneur !

Comme diacre, qu’imaginez-vous être ?

Être UN ! Il ne doit pas y avoir, le mari, le père de famille, l’enseignant, l’ami et le diacre. C’est comme dans un orchestre, il y a plusieurs familles d’instruments, mais c’est un seul orchestre qui joue ! Je voudrais refléter cette harmonie ! Qu’est-ce qui va se passer quand je ne regarderai pas le chef d’orchestre ? Quand je n’entendrai pas ou n’écouterai pas les autres instruments ? Quand je voudrai jouer ma propre mélodie ? Et mes fausses notes ? Je m’appuie sur deux verbes : aimer et servir !


Thierry Villemagne, 52 ans, lyonnais

Thierry Villemagne est marié avec Cécile depuis presque 30 ans. Il est père de quatre enfants, dont deux auprès du Père. Ce paroissien de Saint-Pothin est chef d’entreprise dans le domaine de la formation avec deux salariés et une vingtaine de formateurs.

En quelques mots, qu’est-ce qui vous a permis d’avancer dans la foi au cours de votre vie ?

Notre chemin spirituel dans le mariage tout d’abord, 30 ans à deux malgré les épreuves et toujours la surprise de découvrir l’autre ; c’est aussi un chemin pour découvrir le tout Autre.

Ensuite, la tendresse du Père découverte dans les épreuves, Père qui met une personne, une parole sur votre chemin mais aussi la force de la prière communautaire qui est agissante, qui permet de toucher du doigt la communion des saints. Des signes discrets et divins qui ne suppriment pas la souffrance mais viennent l’accompagner. Dieu est présent dans nos vies !

Qu’est-ce qui est à la source de votre vocation ?

En premier lieu, j’évoquerai le service, découvert, vécu et expérimenté dans le scoutisme dans mes jeunes années mais aussi adulte comme chef de groupe chez les Scouts Unitaires de France.

De quelle voix le Seigneur s’est-il servi pour vous appeler ?

Celle du père Guerre qui est sûrement tombée au bon moment après une formation à la philosophie avec les frères de Saint-Jean, quelques années au service de la préparation au mariage, et le début d’une réflexion sur le travail et la doctrine sociale de l’Église.

Le lieu, la sphère où vous vous réalisez le plus ?

J’ai la chance d’exercer un métier où la personne humaine est au centre de l’attention. Notre slogan est « mettre la formation au service de la dignité de la personne humaine au travail ». Dans la vocation humaine, il y a la participation à la Création. Et pourtant le travail abime parfois l’homme, cela peut aussi être une zone de tension ou de conflit et enfin il y a ceux qui recherchent du travail. Par nos actions de formation, nous essayons de contribuer au développement des compétences techniques et humaines qui permettent de participer positivement à la création. Et d’autre part en tant que chef d’entreprise, je peux aussi librement choisir de consacrer du temps à ceux pour qui la relation au travail est abimée, notamment dans le cadre des Compagnons de Saint-Augustin ou des matinales MERCI.

Une idée forte à partager, à laquelle vous tenez…

L’Église a une parole à donner sur le travail, le monde professionnel, elle doit être présente dans les relations de travail. Elle doit aussi s’appliquer à elle-même les principes de la doctrine sociale de l’Église (notamment subsidiarité, bien commun). Enfin, nous devons explorer une certaine radicalité dans nos manières de vivre, consommer, travailler. Il n’existe pas de guide du bon employeur chrétien ou du bon consommateur catho mais il y a certainement des questions à reposer régulièrement pour un agir, un art de vivre chrétien.


Arnaud Gazagnes, 51 ans, quartier de Ménival à Lyon 5e

Cet enseignant originaire de Colmar a également vécu au Maroc, à Grenoble et à Troyes. Depuis douze ans, Arnaud Gazagnes vit dans le quartier populaire de Ménival, à Lyon 5e. Il fréquente l’ensemble paroissial Notre-Dame du Point du Jour, Sainte-Anne de Ménival, Saint-Joseph de Tassin, confié aux Salésiens de Don Bosco.

Quels lieux ou engagements vous ont-ils permis d’approfondir votre foi ?

Ma presque-vie dans le scoutisme tout d’abord ! Me vient à l’esprit également six années au sein de l’aumônerie étudiante grenobloise, animée par des jésuites et enfin des rencontres dans des mouvements pour et avec des personnes en difficulté ou porteuses de handicap.

Qu’est-ce qui est à la source de votre vocation ? Pouvez-vous dire un mot de votre appel au diaconat ?

Je me souviens d’un premier appel par mon évêque à Troyes, Mgr Marc Stenger, il y a une vingtaine d’années. Un second appel par un candidat au diaconat de ma paroisse, et, dans la foulée par mon curé, qui m’a vraiment mis en route. Ces appels m’ont procuré une grande joie, sans doute parce qu’ils me permettaient de traduire et encourager encore davantage une cohérence certaine dans ma vie.

Dans quelle sphère vous réalisez-vous le plus ?

Dans mon espace professionnel ! En tant qu’enseignant, je m’attache à donner le minimum à tous et le maximum à chacun. Il s’agit pour moi d’une merveilleuse sphère où il est nécessaire de servir et partager, de mettre au monde à chaque heure de cours chaque élève afin qu’il devienne plus tard un citoyen actif, heureux, utile et artisan de paix.

Comme diacre, qu’imaginez-vous être au sein de votre environnement paroissial, professionnel, ou autre lieu d’engagement ?

J’espère être, dans mon métier pour les élèves et pour la communauté éducative, image du Christ serviteur. Je suis aussi très sensible à relier les différents groupes de la paroisse et faire connaître leurs richesses. Je crois bon enfin de continuer à m’investir dans la pastorale de la famille avec mon épouse Céline, ainsi que dans le scoutisme.

Une idée forte à partager à laquelle vous tenez…

Le Christ est ressuscité. Et sur la Croix qu’il a laissée derrière lui, on peut voir un morceau de bois vertical qui représente la présence de Dieu en tout homme et un morceau de bois horizontal qui représente la relation de tous les hommes, d’un bout du monde à l’autre bout du monde.

Deux questions à Céline, épouse d’Arnaud

Quelle a été votre réaction à l’appel de votre mari ?

J’ai éprouvé une grande joie parce que la question du diaconat était présente dès notre préparation de mariage il y a 11 ans, Arnaud ayant été appelé précédemment avant notre rencontre.

Notre manière d’être en relation, nos choix d’engagements professionnels et paroissiaux, notre souci des autres ont attiré l’attention de notre curé.

Cet appel s’est trouvé en résonnance avec mon désir personnel de me donner aux autres, avec mon cheminement spirituel personnel. La relecture régulière de nos journées, la prière d’Alliance que nous vivons en couple, le désir ardent d’une vie féconde m’ont interrogé : et si le diaconat était une réponse pour mieux aimer et servir le Christ ? Et si le diaconat pouvait nous donner les moyens, les liens et les ressources spirituelles pour « vivre aujourd’hui du Dieu d’aujourd’hui ? »

Ce que cet engagement a changé dans votre vie de famille ?

Durant ces 5 années, nous avons fait des choix dans notre emploi du temps pour laisser du temps à la formation. Un week-end de formation par mois, cela revient vite.

Nous avons privilégié ce qui pouvait nous aider à réfléchir au diaconat à partir de notre sacrement de mariage. Nous avons donc poursuivi l’accompagnement des couples de fiancés sur notre paroisse, ce qui nous amène à dialoguer, à dire qui nous sommes et ce qui est important pour nous. Nous sommes aussi membres d’une équipe Vivre et Aimer qui nous permet une vie de fraternité à l’écoute des besoins de notre couple. Cela nous rend attentifs à ce qui peut nous aider au dialogue, à dire nos sentiments et nos besoins, à cultiver la paix et la non-violence pour être artisans de paix autour de nous.

J’ai éprouvé le besoin de prier avec d’autres personnes : le groupe Goûtons la Parole sur notre paroisse et aussi le groupe du Sappel qui se réunit à La Duchère régulièrement. Je peux ainsi prier avec ma guitare et accompagner les chants, ce qui revient à cultiver mes talents.

L’expérience plus récente de la maladie me porte à être à l’écoute des personnes que je rencontre. Ma fragilité permet des échanges forts et profonds : beaucoup de personnes se confient à nous et demandent que l’on prie pour elles. Mon désir de vivre mes journées intensément a grandi ces derniers mois. Je m’émerveille de voir comment l’amour peut transformer les relations si je choisis d’aimer !

Je veille à garder du temps pour nos familles et notre couple puisque « le couple est le premier enfant du couple lui-même » comme aimait à le dire Denis Sonnet.

Le défi ou l’enjeu de cet engagement est ainsi de parvenir à être dans la vérité, être soi-même, seul gage de liberté.


Jean de Hédouville, 63 ans, habitant de la presqu’île à Lyon 2e

Cet ingénieur de formation est originaire de la région Champagne. Il est marié à Agnès, avec laquelle il a eu deux enfants, étudiants. Il est paroissien à Sainte-Marie-en-Presqu’ile.

Qu’est-ce qui a nourri votre foi au cours de votre vie ?

L’expérience de l’amitié et des projets dans le scoutisme, l’accompagnement de jeunes en aumônerie de lycée, puis notre engagement, avec Agnès, chez les Scouts et Guides de France avec le désir d’ouvrir les jeunes à une expérience spirituelle dans leurs rencontres avec eux-mêmes et avec les autres.

Identifiez-vous l’origine de votre vocation ?

Oui, je crois. Les cris de personnes en souffrance venues provoquer l’assemblée au milieu de la messe m’ont appelé à me positionner par rapport à la place donnée aux pauvres dans l’Église. Peu ou prou à la même période, le curé de la paroisse m’a appelé.

Quel engagement vous tient-il à coeur ?

Les petits déjeuners des Amis de la rue. Ce sont des rencontres qui deviennent des amitiés avec le temps. Je trouve une grande joie également à accompagner des catéchumènes de la paroisse, leur découverte de Dieu fait de moi un témoin privilégié de l’initiative de l’Esprit qui ouvre les coeurs.

Votre espérance comme diacre, …

Comme chrétien et comme diacre, j’espère être attentif aux attentes d’espérance des gens et à les porter dans la prière.

La phrase qui vous accompagne au quotidien…

Une homélie de saint Jean Chrysostome signifiant le lien inséparable entre la Cène et le lavement des pieds : « Celui qui a dit : Ceci est mon corps, est le même qui a dit : Vous m’avez vu affamé et vous ne m’avez pas nourri. »


Jacques Régnier-Vigouroux, 68 ans, à Sainte-Colombe

Originaire de Nîmes, installé à Sainte-Colombe depuis son mariage avec Brigitte en 1993, cet ancien directeur commercial de la maison de vins Vidal-Fleury a 3 enfants et 4 petits-enfants. La famille est bien insérée dans la paroisse Saint-Ferréol sur le Rhône, en face de Vienne.

Jacques a grandi dans une famille nombreuse de 5 enfants, pratiquante, où Jésus avait sa place. Sa formation scolaire chez les jésuites en Avignon a structuré et fait grandir sa foi. Une expérience spirituelle forte lors d’un voyage de Jean-Paul II en France lui a permis de vivre l’amour miséricordieux du Seigneur. Puis avec la rencontre de Brigitte, Jacques témoigne d’un appui sûr et stimulant dans son cheminement spirituel qui se fait maintenant à deux.

« J’ai toujours aimé servir et aider les autres, y compris en paroisse. Mon appel au diaconat a été tardif ; j’ai été interpellé par mon curé. Après discernement, j’ai compris que le Seigneur me demandait davantage que de rendre des services. Il me proposait de m’engager pour la vie à son service et au service de l’Église, en particulier dans la réalité de ses membres souffrants ou délaissés ».

C’est ainsi que, au cours de la formation au diaconat, il s’est engagé avec son épouse pendant deux printemps de suite au service des chrétiens du Liban avec l’association SOS Chrétiens d’Orient. De même, depuis un an, Jacques Régnier-Vigouroux est élu conseiller municipal en charge de la vie sociale de sa commune.

« J’imagine mon ministère au sein de mon environnement paroissial à la fois comme une présence d’Église auprès des personnes seules, malades, éloignées de l’Église et de la foi, et comme un lien pour fédérer et dynamiser notre communauté paroissiale. Mais c’est mon évêque qui va écrire ma lettre de mission ! », admet-t-il. L’exhortation de saint Jean-Paul II « N’ayez pas peur, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! » et une phrase de la première lettre de saint Jean « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » sont les moteurs de son profond désir de servir Dieu et ses frères.

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