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Les évêques
Homélie du 7ème dimanche de Pâques

Publié le 24 mai 2020

Homélie du 7ème dimanche de Pâques

Découvrez ci-dessous l’homélie de Mgr Emmanuel Gobilliard pour le sixième dimanche de Pâques, dimanche 24 mai 2020.

L’expression que nous avons entendue à de multiples reprises dans l’Evangile d’aujourd’hui, n’est pas si facile à comprendre. « Père glorifie ton Fils ! » On pense habituellement qu’en parlant de gloire, on évoque la célébrité, la puissance, la domination. Dans le langage biblique, ce mot évoque le poids, la valeur. En disant « Glorifie ton Fils », Jésus demande à son Père de manifester au monde le vrai visage du Fils. Oui, souvent nous avons une fausse image de Dieu, et c’est toujours un grand bonheur, pour lui, mais aussi pour nous, lorsque nous prenons conscience de qui Il est vraiment, manifesté en Jésus. Il faudrait d’ailleurs plutôt traduire « gloire » par « manifestation ». Jésus est le vrai visage du Père. Il est doux et humble de cœur, au service de notre humanité blessée, de notre humanité en manque d’amour, en manque de repère. Dieu, en Jésus est d’abord celui qui nous écoute, qui marche à nos côtés, qui nous console et qui nous sauve. Cette parole est vraiment providentielle dans la période que nous vivons. Nous savons que Dieu a toujours été à nos côtés, qu’il est avec nous à chaque instant. L’espérance que nous portons pour nous-mêmes mais que nous devons aussi porter au monde qui nous entoure, c’est que Dieu aime les hommes et les femmes de ce temps, qu’il ne les abandonnera jamais. C’est parfois difficile de voir le visage de Dieu, dans un monde qui souffre. C’est difficile pour les malades, pour les mourants, pour les familles en deuil et pour celles qui vivent la pauvreté, de comprendre comment Dieu se manifeste, comment il est présent. Nous devons donner ce témoignage, et nous aurons à le donner dans les semaines qui viennent, parce que la crise sanitaire va provoquer de nouvelles précarités et de grandes souffrances, nous devons donner le témoignage que le vrai visage de Dieu, c’est celui de Jésus, de Jésus qui pleure avec eux, de Jésus qui souffre avec eux comme il a souffert en communion avec nous au moment de sa passion. La passion, elle est d’ailleurs évoquée dans cette expression assez mystérieuse aussi : « l’heure est venue ! ». « L’heure », c’est pour Jésus le moment de sa passion, c’est le moment où il va tout donner, se donner, nous aimer jusqu’au bout. Aujourd’hui, alors que des personnes souffrent autour de nous, Jésus nous dit à nouveau, comme il l’a dit à l’époque : « l’heure est venue ». Nous devons comprendre ce que signifie la crise que nous avons vécue, ce que signifie toute crise. Ces moments difficiles ont un effet « loupe », ils révèlent toujours ce que nous sommes vraiment nous aussi, ce que nous sommes appelé à être : des témoins de son amour, de la miséricorde, de sa compassion, de sa charité. Oui, l’heure est venue frères et sœurs, l’heure est venue pour nous, remplis du souffle de l’Esprit Saint, de nous convertir, c’est-à-dire de nous tourner vers Dieu et vers nos frères et sœurs, de nous décentrer de nous-mêmes. L’heure est venue d’aimer en acte et en vérité, l’heure est venue de nous donner, pas seulement avec de belles intentions, mais avec nos tripes, la sueur de nos fronts et le sourire de nos lèvres. Nous pouvons tous le faire ! Les uns, en servant, les autres en travaillant, en témoignant ou en priant. Quelle que soit votre condition, votre santé, votre rang ou votre vocation, vous pouvez toujours vous donner, vous pouvez toujours aimer, vous pouvez toujours vous tourner vers l’Autre, vers les autres. Dans un monde trop individualiste, l’heure est venue, de révéler l’amour de notre Dieu pour chacun, l’heure est venue de rendre compte de l’espérance qui est en nous à ceux qui nous en demande raison. Mais nous ne pouvons pas le faire tout seul, nous devons le faire en communion les uns avec les autres, nous devons le faire en communiant au Dieu vivant. Par de charité authentique sans communion au Dieu vivant, pas de vie spirituelle authentique, pas d’Eucharistie, sans service des plus pauvres. Vous allez recevoir dans quelques instant cette nourriture eucharistique que vous avez tant désirée. Elle n’est pas un dû. Elle est un don gratuit de Dieu. Elle n’est pas un droit, elle est une nécessité que personne ne peut revendiquer mais que tous nous devons recevoir, non pas pour notre confort mais pour que toute notre vie soit eucharistique, pour que nous soyons, à notre tour, donnés au monde. Oui l’heure est venue pour vous de recevoir Jésus pour le donner au monde, pour le manifester au monde à travers toute votre vie. Cette Eucharistie frères et sœurs, elle vous engage. Que Dieu lui-même achève en chacun de vous ce qu’il a commencé ; que, par vous le Fils bien aimé du Père soit manifesté au monde, qu’il soit glorifié. Amen

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  • Photo : Erik Witsoe