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Les évêques
N’ayez pas peur de prendre votre place dans l’Eglise

Publié le 04 mai 2019

N’ayez pas peur de prendre votre place dans l’Eglise

Chers frères et sœurs,

Quel bonheur de vous voir tous réunis autour du Seigneur Jésus, pour le louer, pour le chanter, pour lui crier votre amour et votre espérance, pour vous affermir mutuellement dans la foi, pour annoncer au monde que, sans lui, nous ne pouvons rien faire, que sans lui notre vie perd son sens. Tout cela, vous avez choisi de le dire par votre chant, par votre unité aussi, qui se manifeste si bien dans l’harmonie que vous exprimez, dans cette magnifique symphonie que vous formez. Votre joie et votre enthousiasme remplissent aussi mon cœur de joie, mais attention ! Cette joie, il faut que ce soit véritablement la joie du Christ ressuscité, une joie théologale, qui ne vienne pas de vous, mais de Lui, ou plutôt de la relation vivante que vous entretenez avec lui. Si cette joie reste trop psychologique, elle sera ballotée par les flots, au grès de de vos humeurs, des événements que vit le monde, que vit l’Église. Et justement, en ce moment notre monde, notre Église vivent plutôt des événements douloureux. Nous vivons quelque chose de ce qui nous est décrit dans l’Évangile d’aujourd’hui. Cette joie, il est bien difficile de la vivre, alors que l’Église, est fragilisée par les vagues de scandales à répétition, de trahison de ses membres. Nous allons de déceptions en déceptions, un peu comme ces disciples qui marchaient, déçus, vers Emmaüs. Ils avaient le sentiment que tout partait à vaux l’eau, que Dieu les avait abandonnés, mais Dieu marchait avec eux sous les traits du pauvre. Tiens ! Sous les traits du pauvre ! Justement la première lecture d’aujourd’hui nous invite à une attention particulière aux pauvres, au point que les apôtres choisissent d’inventer, d’instaurer la diaconie, pour que le service des pauvres soit une préoccupation majeure dans notre Eglise, qu’elle s’y consacre à 100 %, sans pour autant délaisser la liturgie, un peu comme si le service du pauvre nourrissait notre liturgie, un peu comme si notre liturgie nous invitait à rejoindre les pauvres. Nous devons vivre ces réalités à 200 % parce qu’on ne peut pas vivre à moitié la relation à Dieu, parce qu’on ne peut pas vivre à moitié le service des autres. Cette image de Jésus humble, pauvre, mendiant notre hospitalité, qui succède à l’image que ces disciples d’Emmaüs ont gardé dans leur cœur d’un Jésus humilié, meurtri, crucifié dit quelque chose de ce que vit l’Église, de ce qu’elle est appelée à vivre parce qu’elle n’est pas au-dessus du Maître. L’Évangile d’aujourd’hui nous dit que c’est déjà les ténèbres, que le vent souffle et que la mer est agitée. Jésus s’approche mais les disciples ne le reconnaissent pas et ils ont peur. Aujourd’hui aussi Jésus s’approche de nous alors que nous vivons une période difficile et nous ne savons pas le reconnaître. Aujourd’hui la vérité se fait dans notre Église et nous sommes bousculés. Mais de quoi avons-nous peur ? Il EST la vérité comme l’Évangile d’hier nous l’a rappelé. Cette action de vérité dans l’Église est un fruit de l’Esprit Saint, qui révèle, qui met au jour ce que nous avions caché, qui fait la lumière sur nos péchés et nos ténèbres, pour que nous puissions nous convertir, nous tourner vers le Christ, et accueillir sa paix, la vraie paix, celle qui bouscule et qui nous enracine en lui, pas la paix des cimetières où il ne faudrait rien bouger, rien toucher, faire comme si de rien n’était et céder à la tentation du « A quoi bon remuer tout cela ! Il faut tourner la page ! » ou à celle, tout aussi insidieuse du « On a toujours fait ainsi, pourquoi changer ? » Nous sommes bousculés, secoués…merci Seigneur ! Nous sommes provoqués à changer…merci Seigneur ! Nous sommes invités à la conversion…merci Seigneur ! Il est arrivé le temps favorable, le temps du salut, le temps de la revanche de notre Dieu qui s’exprime dans le cri des pauvres. Nous avons trop vécu dans nos richesses, nos sécurités. Les flots de la mer nous bousculent et Jésus vient nous rassurer, nous rappeler qu’il est présent et que ce mouvement de vérité dans l’Église est providentiel, qu’il est pour notre bien. Chers jeunes, réjouissez-vous d’arriver dans l’Église aujourd’hui. Votre mouvement, Ecclesia Cantic est né récemment et spontanément. Vous n’avez pas attendu l’autorisation de nos structures pour le lancer, pour faire vivre cette passion que vous avez pour le chant liturgique, vous n’avez pas « attendu après nous » pour exister, même si vous exprimez le désir des accompagnés, d’être pleinement dans l’Église. Ce mouvement dépasse et surprend nos structures…Merci Seigneur ! C’est le moment favorable ! Remarquez cependant que ce moment favorable n’est pas un moment confortable. Il est exigeant parce qu’il nous appelle à quelque chose de grand. Comme à la Transfiguration, comme à Emmaüs, nous aimerions que le Seigneur reste avec nous, qu’il monte dans la barque avec nous, mais ce n’est pas le cas. Il nous laisse diriger, avec nos fragilités mises en évidence, avec nos faiblesses, nos peurs et nos péchés, il nous laisse mener notre barque, mener la barque de l’Église. Récemment il y a eu un synode pour les jeunes auquel notre pape François a donné un magnifique écho en publiant son exhortation Christus Vivit, pour vous rappeler que vous faites partie de l’Église, que vous ne devez pas être en vis-à-vis de l’Église, comme des spectateurs, mais que vous devez être dans la barque, comme des membres de l’Église, comme des acteurs. Oui, à vous aussi est confiée la responsabilité de faire avancer l’Église. Alors, avec vous, dans une Église purifiée par la vérité nous vivrons la joie sans fard, la joie intense du Christ ressuscité qui vit en chacun de nous, qui nous donne la vie, à condition que nous l’invitions dans nos vie et que nos célébrations, joyeuses et unanimes en soient le rayonnement.

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