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Les évêques
Ordinations diaconales 2019

Publié le 24 juin 2019

Ordinations diaconales 2019

Vous êtes ordonnés diacres, pour rappeler à notre Église diocésaine, que sa première mission, c’est le service…le service du pauvre, le service de tous !

Les lectures d’aujourd’hui nous offrent une magnifique occasion de méditer sur le cœur de notre vocation diaconale. En faisant un lien entre la première lecture et l’Évangile, je dirais que le Seigneur choisit pour son service et le service de l’Église de pauvres hommes avec leurs faiblesses, leurs blessures, leurs péchés, mais aussi avec leurs différences et leurs spécificités, leurs qualités propres, pour leur confier le service du royaume de Dieu et de sa justice. Nous n’avons rien mérité et nous n’avons pas été choisis parce que nous serions meilleurs, parce que nous aurions des prédispositions ou des caractéristiques particulières. L’appel est totalement gratuit et, à bien des égards, incompréhensible. En fait saint Paul s’est posé les mêmes questions que vous. Je me suis aussi souvent posé ces questions. « Mais pourquoi moi ? Est-ce que le Seigneur sait vraiment que je suis un pauvre type avec pleins de défauts, avec ces échardes dans la chair que sont mes péchés et mes lourdeurs ? Je n’y arriverai jamais ! » La réponse du Seigneur est la même pour tous : « Je te connais mieux que toi-même et je t’aime infiniment plus que tu ne saurais t’aimer toi-même, alors ne t’inquiète pas et fais-moi confiance. Je ne recherche pas des héros ou des hommes parfaits ; j’ai juste besoin de toi, de ta disponibilité, de ta foi. J’ai besoin de toi tel que tu es, avec tes magnifiques qualités dont tu n’as peut-être pas conscience, et avec tes faiblesses, dont tu fais grand cas, mais elles éviteront de t’enorgueillir et elles seront le réceptacle de ma miséricorde. Il suffit que tu te laisses aimer, que tu te laisses traverser par ma grâce. Ma grâce te suffit car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ! » « Ne te fais donc pas tant de soucis…ton père céleste sais de quoi tu as besoin…moi, j’ai juste besoin de toi. Eh oui, cela parait incompréhensible, mais j’ai besoin de toi, de tes mains pour prolonger les miennes et servir les plus pauvres, de ton regard pour voir plus loin et redonner confiance, de ta parole pour bénir en mon nom, de ton cœur pour manifester ma tendresse et ma miséricorde. » Vous n’aurez jamais fini de méditer sur les deux lectures que la liturgie nous offre aujourd’hui et qui sauront vous dynamiser à chaque fois que vous en aurez besoin, à chaque fois que vous perdrez confiance, que vous vous replierez sur vous-mêmes, que vous ne comprendrez pas pourquoi il vous a choisis. A chaque fois, il vous redira, paisiblement : « Ne t’inquiète pas, je suis avec toi. » Le soir, à la fin d’une journée de ministère je fais souvent cette prière au Seigneur : « Seigneur, aujourd’hui j’ai fait ce que j’ai pu…et même pas d’ailleurs. S’il te plait, fais le reste ! » Nous essayons d’aimer les autres et de les servir, mais la source de tout amour, c’est lui ; le véritable serviteur, c’est lui ! Ne nous prenons jamais pour des sauveurs. Le seul sauveur, c’est lui, le seul maître aussi !

J’aimerais mettre aussi l’ordination de ce matin en perspective avec la célébration de demain, la célébration du corps et du sang du Seigneur, parce qu’il y a un lien profond avec la première lecture de ce jour. Le Seigneur se plait à prendre ce qu’il y a de plus faible dans le monde pour manifester sa puissance. Il n’a pas trouvé plus faible et plus vulnérable comme réalité qu’un humble morceau de pain pour se manifester à nous et pour nous montrer son amour. Il s’est fait si faible pour que nous n’ayons pas peur de lui. Qui pourrait être intimidé par un morceau de pain, par une petite hostie. Il s’est fait le dernier, le plus pauvre pour que, nourrit par lui, nous allions au contact des plus pauvres, des derniers, de ceux qui sont rejetés ou qui ne savent pas comment trouver leur place dans la société ou dans l’Église. Nous avons le bonheur de mettre nos pas dans les pas d’un autre, Jésus, qui est le modèle de l’écoute bienveillante, de la compassion, du dialogue. A son exemple, aimez les gens, n’ayez pas peur de prendre du temps avec eux. Il y a un lien puissant entre votre service de l’Eucharistie et votre service des pauvres, entre votre amour de Dieu et votre amour du prochain comme si l’un et l’autre se répondaient mutuellement, se nourrissait mutuellement. Comment a-t-on pu opposer l’Eucharistie et le service des frères, alors qu’Emmaüs nous montre que l’un ne peut se vivre sans l’autre, qu’à l’écoute attentive répond la parole de Dieu, qu’à l’accueil répond le pain rompu et que de ces dialogues nait l’espérance véritable, la vie qui n’a pas de fin ? Vous êtes des serviteurs de l’Eucharistie pour être témoin de la résurrection dans notre monde assoiffé. Vous ne tiendrez pas si vous ne puisez pas à la source eucharistique, si votre vie n’est pas eucharistique. Et l’Eucharistie ne trouve son sens que dans l’amour du plus pauvre dont le visage se décline de multiples façons : votre épouse et vos enfants en premier lieu, vos collègues de travail et vos amis, vos connaissances et ceux qui surgissent d’on ne sait où. Tous seront pour vous l’occasion d’aimer, de servir, de louer. Ils feront vibrer vos entrailles paternelles de la miséricorde même de Dieu. Ils perleront vos fronts d’une sueur bienfaisante et salvifique, ils rempliront vos cœurs de la joie et de la paix promises aux bons serviteurs. Et vous, chères épouses qui avez associé votre oui à leur oui, continuez à les inspirer et à les aider, à les modérer et à les encourager.

L’Évangile en général est exigeant, l’Évangile d’aujourd’hui l’est particulièrement. Il a inspiré de magnifiques parties de la doctrine sociale de l’Église. Je vous demande vraiment de vous inspirer de ces textes qui, depuis Rerum Novarum jusqu’à Laudato Si, en passant par le dernier concile et Centesimus Annus, disent quelque chose du rôle prophétique de l’Église. Aujourd’hui cette doctrine sociale n’est plus ou mal comprise. On lui préfère des intérêts économiques ou partisans. Il ne peut y avoir de paix véritable sans cette belle vision que l’Evangile nous propose : la dignité de la personne humaine et le service du pauvre. Rechercher le Royaume de Dieu et sa Justice, c’est regarder chaque personne humaine comme si elle était unique, c’est laver les pieds de chacun et leur rendre leur dignité. Vous savez que votre vocation naît au lavement des pieds ! Les apôtres, avant d’être des prêtres et des évêques, sont d’abord des diacres. Vous participez à ce diaconat que le Christ a institué le jour où il a dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. »

Vous êtes ordonnés, comme tous vos frères qui sont ici, comme chacun des prêtres et des évêques qui sont aussi des diacres, pour rappeler à notre Église diocésaine, que sa première mission, c’est le service…le service du pauvre, le service de tous.

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Photo : tekoaphotos