Conférence de Michel Terestchenko, philosophe, maître de conférences à l’université de Reims, auteur de l’ouvrage “Un si fragile vernis d’humanité. Banalité du mal, banalité du bien”.
Les actes de violence les plus extrêmes se produisent généralement dans des situations propices à leur émergence. Loin d’être gratuits ou jaillissant de pulsions pathologiques, ils peuvent même être le fait d’hommes et de femmes “ordinaires”, que rien ne prédisposait à agir ainsi. Tenter de comprendre les raisons de leur émergence ne conduit, cependant, nullement à les justifier. Nulle nécessité n’est à l’oeuvre ici, reste une part d’indétermination et de choix qui fonde la responsabilité irrécusable des êtres humains toujours comptables de leurs actes, tout en révélant leur profonde vulnérabilité face aux situations qui pèsent sur eux et dont il importe au plus haut point de prendre conscience. Le premier rempart contre la violence n’est pas d’abord moral et individuel, il est avant tout politique et institutionnel.