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Messe chrismale 2026 : Homélie de Mgr Olivier de Germay

Mgr Olivier de Germay | Vie du diocèse –
02 avr. 2026
Mgr Olivier de Germay donne une homélie à l'ambon de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste lors de la messe chrismale

Découvrez l’homélie de Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon, lors de la messe chrismale 2026

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. »

Oui, frères et sœurs, c’est aujourd’hui que tout cela s’accomplit. Dieu tient ses promesses. Le Christ poursuit aujourd’hui son œuvre de salut, ici à Lyon, dans notre diocèse et partout dans le monde.

Aujourd’hui, le Seigneur se révèle. Il console, guérit et délivre ; nous le voyons de façon éclatante dans le témoignage des catéchumènes.

En lisant ce passage d’Evangile, j’ai senti monter en moi un grand désir de proclamer les merveilles de Dieu.

J’ai ressenti aussi un grand sentiment de gratitude envers vous tous, frères et sœurs.  Car ce que le Seigneur fait aujourd’hui, il le fait à travers son Corps qui est l’Eglise, il le fait à travers nous tous, à travers chacun de ses membres.

La liturgie de la messe chrismale oriente nos regards vers les prêtres, et je suis plein de gratitude pour eux, pour tout ce qu’ils font tout au long de l’année, eux qui dispensent les dons de Dieu, eux qui vont dans un instant renouveler les promesses de leur ordination.

Je pense aussi aux diacres qui sont si souvent comme les mains de Dieu auprès des plus pauvres et qui, eux aussi vont renouveler tout à l’heure les promesses de leur ordination.

Je n’oublie pas les consacrés, les religieux, les religieuses qui, souvent dans la discrétion, donnent un si beau témoignage, sont le reflet de la bonté de Dieu. Par leur vie consacrée, où ils se donnent totalement à Dieu, ils nous rappellent que Dieu peut combler un cœur. Il est même le seul qui puisse totalement combler nos cœurs.

Ma gratitude va aussi à vous tous, frères et sœurs, vous qui avez reçu l’onction du baptême. Je suis touché en lisant les lettres des catéchumènes de voir comment leur découverte du Christ passe très souvent par le témoignage d’un fidèle baptisé.

Les lettres des catéchumènes sont bouleversantes. Vous savez, j’en ai un peu moins de 500 à lire cette année. J’aimerais tellement en lire de larges extraits, mais il faudrait rallonger la célébration. Alors, Je vais me contenter d’un seul extrait, du témoignage d’une femme qui a traversé des épreuves terribles. Elle pensait alors à se suicider. Elle écrit :

« Peu avant Noël alors que j’hésitais encore entre les lames de rasoir ou la surdose de cachets, une force mystérieuse me poussa à franchir le portail d’une église. Happée par la cérémonie, je suivais le rythme et déposais à mon tour un lumignon au pied de Saint-Joseph. Ce que je ressentis alors bouleversa mon existence. Quelqu’un m’était reconnaissant, une reconnaissance qui dépasse l’entendement. Une lumière douce s’était allumée dans l’abysse. [Elle raconte ensuite que quelqu’un lui propose de venir à la messe]. Lors de la messe, je ressentis l’amour de Dieu me saisir comme s’il embrassait mon corps entier, sa miséricorde inondant mon âme. Dans cette étreinte, j’ai senti que je pouvais totalement m’abandonner. J’en pleurais jusqu’à me retrouver à cours de larmes et j’entendis cette parole : ‘Tout va bien, c’est fini, je suis là’. J’ai compris qu’il avait toujours été auprès de moi, que toute ma vie, j’étais partie en quête d’amour alors que je demeurais aveugle à celui, infini, qui était à mes côtés depuis tout ce temps. » 

On pourrait multiplier les témoignages de ce genre, qui montrent vraiment comment le Seigneur se manifeste aujourd’hui.

Face à ces témoignages, on pourrait se demander : mais pourquoi se manifeste-t-il d’une façon si particulière aujourd’hui ?

Je crois, frères et sœurs, que ce phénomène des catéchumènes est un signe puissant qui nous rappelle que notre monde a besoin d’être sauvé et qui nous rappelle que cette œuvre de libération et de salut est celle du Christ.

Évidemment, dire que c’est l’œuvre du Christ, ne signifie pas qu’il s’en occupe et que ce n’est donc pas notre affaire. Souvenez-vous de la multiplication des pains : c’est Jésus qui multiplie les pains, mais il ajoute : « Donnez-leur vous-même à manger. »

Aujourd’hui, frères et sœurs, le Seigneur nous envoie, nous tous qui avons reçu l’onction du baptême et de la confirmation, nous tous membres du Corps du Christ dans la diversité de nos vocations et de nos états de vie.

Le Seigneur nous envoie dans ce monde tel qu’il est, ce monde qui connaît une éclipse de Dieu, ce monde qui pour une part est devenu aveugle, ce monde qui a perdu le sens du bien, qui cherche le bonheur dans les idoles. Il nous envoie dans ce monde où tant de jeunes, dont le cœur est généreux, se laissent prendre par les addictions, dans ce monde où le dialogue est parfois remplacé par les insultes, par la violence, dans ce monde où les responsables des grandes puissances sont prêts à semer la mort, la haine et le chaos pour satisfaire leur désir de toute puissance.

Frères et sœurs, aujourd’hui beaucoup de nos contemporains ploient sous le poids du fardeau, beaucoup ont soif de Dieu, parfois sans le savoir. Le Seigneur nous envoie pour leur annoncer cette bonne nouvelle : tu es aimé de Dieu, tu as du prix à ses yeux, il vient te rendre la vue, il vient te délivrer, il vient te sauver. 

Frères et sœurs, nous sommes tous envoyés. Il est temps de quitter nos tombeaux, il est temps de quitter nos canapés confortables. Face à l’urgence, on ne peut pas se contenter d’une vie chrétienne réduite aux minima ecclésiaux.

De Lyon, vous le savez, sont partis des missionnaires, de nombreux missionnaires en Asie, en Afrique, en Amérique. Je lisais récemment la vie de Jean-Marie Odin, originaire d’Ambierle, parti comme séminariste dans le Missouri, il a été ordonné là-bas prêtre puis évêque, il fut le premier évêque du Texas.

 A Lyon, l’Esprit Saint a suscité de nombreux saints : Frédéric Ozanam, le bienheureux Antoine Chevrier, la bienheureuse Pauline Jaricot, le bienheureux Bernard Perrin (martyr de l’apostolat), et tant d’autres… 

Frères et sœurs il y a tant à faire aujourd’hui pour consoler, guérir, relever, rendre la vie, libérer. Ce n’est pas notre œuvre, c’est celle du Christ ; mais nous sommes ses yeux, ses mains, son cœur.

Laissons tomber nos attachements désordonnés, nos compromissions, nos médiocrités, nos tiédeurs, nos frilosités, nos querelles de clocher. Fixons nos regards sur Jésus-Christ. Pas seulement aujourd’hui, chaque jour, fidèlement, dans le silence de la prière.

Laissons l’Esprit Saint nous unir les uns aux autres par le lien de la charité, laissons l’Esprit Saint nous envoyer pour manifester la bonté de Dieu.

« Qui enverrai-je ? »  dit le Seigneur.

+ Mgr Olivier de Germay
Archevêque de Lyon

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