Mère Élise Rivet
Une religieuse dans la Résistance
Rejoignant la vie religieuse dans sa vingtaine, Élise Rivet donne sa vie auprès de jeunes filles défavorisées et auprès de sa congrégation, qui remplit cette mission éducative. Engagée dans la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale, elle meurt en camp de concentration, prenant la place d’une mère de famille, et ayant ainsi donné sa vie jusqu’au bout.
Qui était mère Élisabeth ?
Découvrir Élise Rivet
Élise Rivet est née le 19 janvier 1890 en Algérie. Fille d’un officier de la marine, elle grandit là-bas jusqu’au décés de son père en 1909. Elle rentre alors en métropole et s’installe à Lyon avec sa sœur, ayant trouvé un emploi dans un salon de coiffure.
L’appel à la vie religieuse
Trois ans plus tard, âgée de 22 ans, elle frappe à la porte du couvent Notre-Dame de la Compassion, situé à Fourvière, et demande à y devenir religieuse. Cette congrégation prend en charge des jeunes femmes défavorisées, isolées ou délinquantes pour leur apporter une éducation religieuse et une formation professionnelle. Elle y prononce ses vœux perpétuels trois ans plus tard, le 30 mai 1915, et se fait alors appeler sœur Élisabeth de l’Eucharistie.
Forte de capacités intellectuelles solides, on lui confie rapidement des responsabilités. Elle devient ainsi maîtresse des novices en 1920 et assistante de la mère supérieure en 1925. Et dès 1933, à 43 ans, elle est élue supérieure générale du monastère de Sainte-Élisabeth de Notre-Dame de Compassion. Elle remplira cette mission avec autorité et persévérance malgré les divers défis auxquels elle fera face dont l’expropriation des soeurs et de leurs protégées suite à la découverte des vestiges d’un théâtre romain sur leur terrain. Aujourd’hui connu comme le théâtre de l’Antiquaille, c’est cet amphithéâtre antique qui accueille désormais chaque année les Nuits de Fourvière.
L’entrée en Résistance
En 1940, la France tombe sous l’invasion nazie et Élise Rivet entre rapidement en résistance de toutes les façons possibles : elle abrite des personnes recherchées par la Gestapo, recueille des informations sur l’occupant, dissimule des armes et des agents, fournit de faux-papiers, etc. Sur demande de la mairie qui se retrouve submergée par le nombre d’enfants à la rue, elle ouvre également un refuge à Saint-Étienne. Devant la montée des lois raciales, elle se lance aussi activement dans un réseau de sauvetage d’enfants juifs et cache dans ses établissements femmes menacées, bébés et enfants.
Pour toutes ces activités, elle est arrêtée en mars 1944 avec son adjointe. Elles sont internées à la prison de Montluc et soumises à des interrogatoires. Pour toutes les femmes qu’elle croise, Élise Rivet est une figure maternelle, forte et apaisante. En juillet 1944, elle est déportée en Allemagne et son habit de religieuse lui est retiré dans l’espoir de briser son rayonnement. Arrivée au camp de concentration pour femmes de Ravensbruck, elle ne cessera de venir en aide à ses camarades et de les soutenir malgré sa faiblesse physique.
Début 1945, l’Allemagne est en déroute et les chambres à gaz fonctionnent quotidiennement. Le 30 mars 1945, un vendredi saint, Élise Rivet prend volontairement la place d’une mère de famille dans les convois vers les chambres à gaz. Les autorités autant civiles que religieuses reconnaissent rapidement son action grâce notamment aux témoignages de ses camarades rescapées. En 1996, elle est déclarée « Juste parmi les nations ».
