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Les évêques
Méfiez-vous des apparences !

Publié le 22 juillet 2017

Méfiez-vous des apparences !

Homélie pour le XVIème dimanche du temps ordinaire.

Quelle est l’intention de Jésus dans la parabole d’aujourd’hui ? A qui s’adresse-t-il ? Qui vise-t-il ?

A première vue, nous pourrions penser que Jésus nous renseigne sur l’origine du mal en nous rappelant, à la suite du livre de la Genèse, que Dieu n’a pas créé le mal, qui vient du mauvais, qui vient d’un ennemi extérieur dont le but est soit d’étouffer le bon grain soit de susciter une réaction épidermique et précipitée des serviteurs. Il veut peut être aussi nous rassurer si nous nous inquiétons en constatant notre péché et nos difficultés à accueillir sa parole et à nous convertir. Il nous rappelle qu’en voulant ôter l’ivraie de nos vies, nous pourrions enlever le bon grain. Cela signifie que l’ivraie peut parfois à ce point ressembler au bon grain que nous risquerions de les confondre. Cela peut vous étonner que le mal ressemble au bien, pourtant on dit bien que le mieux est l’ennemi du bien ; et puis un peu de finesse spirituelle nous enseigne que le pire orgueil est celui qui se drape dans la fausse humilité, ou celui qui travaille soigneusement son image de sainteté. Le meilleur moyen de ne pas être un saint, c’est d’en avoir l’apparence ! Je veux faire croire aux autres et parfois à moi-même que je suis un saint. C’est l’un des péchés les plus graves. On se prive alors de la grâce qui agit à mesure qu’on se reconnaît pauvre et pécheur. A l’inverse nous connaissons tous des personnes qui donnent l’impression d’être des mauvais garçons, un peu rustres, qui jurent parfois, mais qui dans le fond sont capables de vivre une authentique charité. Dans ce monde des apparences et du paraître, à trop vouloir juger, nous pourrions nous laisser abuser par le démon qui est expert en dissimulation, en mensonge, qui est le champion pour donner l’image de la vertu à ceux qui la vivent si peu et qui nous fait miroiter à longueur de jour que le plus important, c’est ce que les gens pensent de nous. Avec lui l’ivraie ressemble à s’y méprendre au bon grain. Seul Jésus est capable de faire la différence. Seul lui aussi est capable de vraiment chasser le démon, en lui faisant croire qu’il a gagné. C’est le mystère de la croix ! Tel est pris qui croyait prendre. La sainteté peut être surprenante, comme celle de saint Philippe Néri. Elle peut nous saisir alors que nous menions une vie de débauche, comme pour saint Augustin. Alors notre péché devient le moyen dont justement Jésus se sert pour nous rapprocher de lui. La sainteté est parfois d’une force considérable sous les apparences de la candeur comme pour Maria Goretti ou Agnès qui cachaient derrière leurs visages d’enfants la force de Dieu lui-même, cette force qui s’acquiert dans l’humilité et dans la vie mariale. Ne nous laissons pas tromper par ce que nous voyons. Cultivons paisiblement notre vie spirituelle, avec l’aide de l’Eglise, des sacrements, de notre père spirituel, mais pauvrement, humblement et discrètement. L’essentiel est invisible pour les yeux !

Le contexte de cette parabole nous indique aussi combien le Seigneur se méfie du perfectionnisme des pharisiens. Ce qui est visé ici, c’est la tentation de vouloir réduire notre foi à une exigence morale uniquement. Ce volontarisme, qui nous fait croire que nous sommes capables, par nous-mêmes de nous libérer du mal est proprement destructeur. Jésus nous rappelle que seul Dieu est capable d’éradiquer le mal, que lui seul est sauveur et donc que notre souci est de nous rapprocher de lui, de le suivre, et de le laisser faire le travail de purification. Notre Dieu est un feu, un feu d’amour qui veut que nous nous rapprochions de lui pour que toutes nos scories, nos penchants mauvais et l’ivraie de nos vies soient brûlés par lui qui saura en même temps préserver et même mettre en valeur ce qu’il y a de précieux en nous, ce qu’il a lui-même créé.

C’est justement ce que nous rappelle la première lecture. Notre Dieu est un Dieu fort et tout puissant, mais qu’est ce qui caractérise cette toute puissance ? Sa bonté ! Le texte nous dit : « Mais toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence. » On les reconnaît facilement, ceux qui ont une autorité naturelle…à leur indulgence qui est à l’opposé d’une faiblesse. La force d’une personne équilibrée, à qui le Seigneur a confié une mission, si elle est mue par l’Esprit de Dieu, c’est évidemment sa bonté et sa miséricorde. La deuxième lecture nous invite justement à faire appel à l’Esprit Saint pour qu’il soit fort en nous. La condition de sa puissance : que nous acceptions notre faiblesse, que nous la reconnaissions, alors nous éprouverons le besoin de Dieu, alors le Seigneur révèlera en nous qui il est et que le psaume nous rappelle : « Toi qui es bon et qui pardonne, plein d’amour pour tous ceux qui l’appellent. Alors soyons bons et charitables, soyons miséricordieux et bienveillants. Il arrivera que certains abusent de notre bonté. Nous donnerons l’apparence de la faiblesse. Vous savez cette faiblesse dont parle saint Paul lorsqu’il dit : « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort ! » Mais à l’arrivée, nous serons toujours gagnants avec l’aide de Dieu, nous serons victorieux…de la victoire de la croix. Amen

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