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Homélie de Mgr Olivier de Germay à Koupéla

Homélie de Mgr Olivier de Germay à Koupéla

A l’occasion de sa visite dans le diocèse de Kouéla (Burkina Faso), jumelé avec notre diocèse, Mgr Olivier de Germay a présidé la messe de clôture du pèlerinage diocésain local. Découvrez son homélie lors de cet évènement.

Frères et sœurs, nous bénissons le Seigneur pour sa parole. Cette parole que nous venons d’entendre. La parole de Dieu est un cadeau, c’est un don de Dieu pour nous. Elle est une lumière qui nous éclaire sur notre chemin de foi. Et vous avez entendu ce passage de l’Évangile, ça se passe après l’arrestation de Jean-Baptiste et Jésus quitte Nazareth et il va à Capharnaüm. À Capharnaüm, en Galilée. Et l’évangéliste nous dit que c’est pour que s’accomplisse la parole du prophète.

Jésus est celui qui vient réaliser les promesses de Dieu. Toutes les promesses de l’Ancien Testament, elles sont accomplies, réalisées en Jésus. Frères et sœurs, n’oublions jamais que Dieu tient toujours ses promesses. Dieu tient toujours ses promesses. Et saint Marc nous dit en citant l’écriture que Jésus va en Galilée, la Galilée des nations. C’est déjà annonce que Jésus n’est pas simplement le Messie que les Juifs attendaient pour le peuple juif, mais il est le sauveur du monde de toutes les nations. Cela a été déjà annoncé dans l’Ancien Testament et c’est ce que Jésus vient révéler. Dieu aime tous les hommes sans exception et Jésus est venu pour sauver tous les hommes et Jésus est le seul sauveur du monde. “Il n’y a pas d’autre nom”, comme dira Saint-Pierre : “Il n’y a pas d’autre nom sous le ciel par lequel nous puissions être sauvés.” Alors, nous bénissons Jésus qui est non seulement le sauveur du monde, mais notre sauveur à chacun d’entre nous. Et l’évangéliste Marc cite l’Ancien Testament, le prophète Isaïe : “Ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort de lumière s’est levé. Le peuple qui habité dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière.” Et nous l’avons chanté dans notre psaume : “Le Seigneur est ma lumière et mon salut.” Jésus est la lumière du monde. Il nous fait passer du monde des ténèbres à la lumière. Et cette lumière nous permet de connaître Dieu. Dieu nous révèle. Jésus nous révèle le vrai visage de Dieu. Vous vous souvenez quand Jésus parlait de son père et c’est un des apôtres Philippe qui lui dit : “Mais montre-nous le père. Nous voulons voir le père.” Et Jésus lui a répondu : “Qui m’a vu a vu le père.” Et grâce à Jésus, nous pouvons connaître vraiment le vrai visage de notre Dieu qui n’est pas un Dieu là-haut lointain dans les étoiles qui nous surveille, qui veut nous punir de nos péchés, mais qui est un Dieu qui nous aime et un Dieu de miséricorde et qui n’attend qu’une chose, c’est que nous puissions revenir vers lui lorsque nous avons péché pour recevoir sa miséricorde. Jésus est la lumière qui nous révèle le vrai visage de Dieu. Mais Jésus est aussi la lumière qui permet de nous connaître nous-même, qui permet de savoir pourquoi nous existons, quelle est notre vocation, pourquoi Dieu nous a-t-il créé. Et Jésus nous révèle que nous avons été créés pour aimer.

On voit parfois des gens qui pensent que pour réussir la vie, il faut gagner toujours plus d’argent. Il faut être le plus fort, le plus beau. Il faut dominer tous les autres. Mais ce n’est pas ça le sens profond de notre existence. La réussite d’une vie, c’est d’être capable d’aimer, d’aimer et de se laisser aimer. Voilà notre vocation parce que nous sommes créés à l’image de Dieu et que Dieu est amour. Et Jésus nous révèle que notre destinée, ce n’est pas de terminer dans une tombe, mais c’est de rejoindre Dieu. La plénitude de l’amour qui est en Dieu. Nous sommes faits pour la vie éternelle. Et c’est tout cela que Jésus nous révèle. Et vous l’avez entendu dans la première lecture, le prophète Isaïe annonçait celui qui allait libérer le peuple. “Le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtissait son épaule, le bâton du tyran, Tu les as pris, brisés comme au jour de Madian.” Frères et sœurs, Jésus est celui qui nous libère de l’esclavage du péché. Et c’est pourquoi nous voulons rendre grâce à Dieu qui nous rend libres. Non pas libres pour faire n’importe quoi, mais libre pour aimer puisque encore une fois c’est notre vocation. Et nous voyons bien parfois lorsque nous oublions Jésus combien facilement nous retombons dans l’esclavage du péché et nous disons : “Je n’y arrive pas c’est plus fort que moi.” Tu n’y arrives pas parce que tu oublies Jésus c’est lui qui te rend libre. C’est lui qui nous rend libres pour faire le bien, pour chercher la vérité et pour aimer. Et le prophète annonce : “Tu as prodigué la joie.” Oui, c’est la joie que Jésus nous donne et c’est pourquoi nous jubilons particulièrement pendant ce pèlerinage et c’est le thème de toute cette année. Nous jubilons de joie, nous rendons grâce à Dieu. Nous sommes dans la joie de nous savoir aimer et de nous savoir sauver. Et c’est pourquoi frères et sœurs, si nous sommes rassemblés ici ce matin, c’est avant tout pour rendre grâce. Nous bénissons le Seigneur et nous voulons faire monter de la terre vers le ciel une prière de louange, de bénédiction, d’action de grâce à notre Dieu pour tous ses cadeaux, pour tout ce que le Seigneur nous apporte. Mes frères et sœurs, dans la parole de Dieu aujourd’hui, il y a aussi cette parole de Jésus. Jésus qui dit : “Convertissez-vous, convertissez-vous car le royaume de Dieu est tout proche.” Ça veut dire que tous ces dons dont je viens de parler, il faut les accueillir. Si nous n’accueillons pas le don de Dieu, même si nous sommes baptisés, ce n’est pas ça qui va nous sauver. Les dons de Dieu, il faut les accueillir. Parfois, on a reçu beaucoup de choses, on a été baptisé, on a fait sa communion. Et bien ensuite, on s’éloigne et on oublie le don de Dieu. Alors, c’est comme si quelqu’un vous fait un cadeau, bien emballé, et vous prenez le cadeau et vous le laissez emballé dans un placard. Alors ça ne sert à rien. Et donc les dons de Dieu, il faut les déballer, il faut les accueillir et il faut les accueillir dans la foi. Et la foi, ça ne consiste pas seulement à dire “je crois, je crois”, mais la foi, ça veut dire écouter la parole de Dieu et la mettre en pratique. Vous vous souvenez un jour Jésus disait : ‘Il ne suffit pas de me dire ‘Seigneur, Seigneur’ pour entrer dans le royaume des cieux. Il faut écouter la parole de Dieu et il faut la mettre en pratique.”

Et c’est pourquoi aujourd’hui, nous voulons vraiment écouter la parole de Dieu et la mettre en pratique. Et qu’avons-nous entendu, frères et sœurs, dans la parole de Dieu ? Nous avons entendu Saint- Paul qui écrit : “Qu’il n’y ait pas de division entre vous. Qu’il n’y ait pas de division entre vous.” Dieu veut que nous soyons unis, unis dans l’amour. Et vous savez que nous sommes aujourd’hui le dernier jour de la semaine mondiale de prière pour l’unité des chrétiens et entre chrétiens, nous sommes malheureusement encore divisés. Il y a les catholiques, il y a les protestants, les évangéliques, les pentecôtistes, les orthodoxes et nous ne sommes pas encore en pleine communion. Alors, c’est la volonté de Dieu que nous puissions être un. “Qu’il soient un”, dit Jésus. Et donc nous devons rechercher la communion avec nos frères et sœurs qui sont membres d’église chrétiennes, d’autres églises chrétiennes. Et pour pouvoir rechercher la communion, il faut se connaître. Et pour se connaître, il faut se rencontrer. Il faut se parler. Ça permet souvent de changer notre regard, de faire tomber certains préjugés et il faut aussi, avant de voir ce qui nous sépare, regarder ce qui nous unit. Parce que ce qui nous unit est plus important que ce qui nous sépare. Et ce qui nous unit, c’est Jésus. C’est notre foi en Jésus, fils de Dieu, mort et ressuscité pour nous, le seul sauveur du monde. L’unité, c’est entre les églises chrétiennes, mais l’unité, c’est aussi dans nos communautés, entre nous qui sommes catholiques et en particulier pour ceux qui sont de ce diocèse de Koupéla, c’est l’unité dans les paroisses. Bien sûr, il y a une grande diversité dans ce diocèse. On a cité tout à l’heure les paroisses. Il y a tous les courants spirituels. Il y a un évêque, des prêtres, des religieux, des religieuses, des laïcs, des catéchistes. Il y a une diversité de dons, de missions. Mais nous sommes frères et sœurs et donc nous devons sans cesse rechercher l’unité entre nous. Et parfois le malin, Satan, celui qu’on appelle le diviseur, il cherche sans cesse à nous diviser. Alors, il faut résister aux pièges du diviseur. Et lorsque nous sommes brouillés, il faut nous réconcilier. Mais vous savez, l’unité ce n’est pas simplement dans nos paroisses ou dans notre diocèse, mais c’est aussi dans nos familles. C’est là où nous vivons, c’est avec nos voisins. Malheureusement, parfois nous sommes divisés, nous nous sommes fait du mal, nous nous sommes blessés. Mais la volonté du Seigneur, c’est que nous puissions nous réconcilier.

Peut-être que maintenant tu penses à telle ou telle personne de ton entourage, qui t’a fait du mal, qui t’a blessé, avec qui tu es brouillé. Peut-être que dans ton cœur, tu peux demander au Seigneur de venir bénir cette personne. “Bénissez ceux qui vous maudissent”, dit Jésus. “Pardonnez toujours.” Alors, n’ai pas peur de demander au Seigneur qu’il te donne la force de bénir cette personne qui t’a fait du mal et qu’il t’aide à faire un pas en avant sur le chemin de la réconciliation. Ce n’est pas toujours possible de pardonner tout de suite, mais c’est toujours possible d’avancer sur un chemin de réconciliation. C’est la volonté du Seigneur sur nous.

Seigneur, nous te prions aujourd’hui pour tous ceux, toutes celles parmi nous qui ont été blessées et qui ont du mal à pardonner. Viens, Seigneur, leur donner ta force pour qu’ils puissent avancer sur le chemin de la réconciliation. Nous te prions aussi pour ceux qui ont fait du mal à d’autres personnes pour que eux aussi puissent avoir la force de demander pardon.

Frères et sœurs, le Seigneur nous invite à nous convertir et dans l’Évangile, on voit que Jésus nous invite aussi à le suivre. Nous avons entendu ce passage où Jésus voit d’abord les deux frères, Simon-Pierre et André, et va les appeler. Et ensuite, il y a Jacques et Jean. Et de même Jésus les appela : “Aussitôt laissant la barque et leur père, ils le suivirent.” Être catholique, c’est être disciple de Jésus, ça veut dire suivre Jésus. Et pour suivre Jésus, il y a des choses à quitter, il y a des choses à laisser.

Mais est-ce qu’on peut suivre quelqu’un que l’on ne connaît pas ? Pour suivre Jésus, il faut le connaître et il faut avoir confiance en lui. Si depuis 2000 ans, tant d’hommes et de femmes ont fait le choix de suivre Jésus, c’est parce qu’ils ont fait l’expérience de son regard. Le regard que Jésus pose sur nous qui est un regard plein de tendresse, qui est un regard plein d’amour, qui est un regard qui ne nous juge pas, qui ne nous condamne pas, mais qui nous invite à nous mettre en route, à le suivre. Et c’est pourquoi, frères et sœurs, c’est tellement important pour nous chaque jour de prendre le temps de nous laisser regarder par Jésus, de laisser Jésus poser sur nous son regard plein de tendresse. Sinon, si nous oublions ça, si nous oublions ce cœur à cœur avec Jésus, de prendre chaque jour le temps de descendre dans notre cœur profond, “dans notre chambre la plus retirée de notre maison”, comme dit Jésus, alors si nous oublions ce cœur à cœur, nous risquons d’être des chrétiens de façade. En extérieur, on est des bons chrétiens, mais notre cœur est loin de Jésus. Nous risquons d’être croyant simplement par tradition, par culture, pour suivre simplement des règles. Mais être chrétien, c’est pas simplement suivre des règles, c’est suivre Jésus. C’est se laisser aimer par lui. Alors peut-être aujourd’hui, on peut se demander : mais quel moyen concret je prends chaque jour pour être à côté de Jésus, pour le laisser poser sur moi son regard ? Et puis l’Évangile nous dit : “laissant leurs filets et leur père, ils le suivirent.” Qu’est-ce que Jésus aujourd’hui m’appelle à lâcher, à quitter ? Bien sûr il faut toujours quitter le péché, il faut rejeter le péché loin de nous. Il y a aussi des pratiques qui parfois ne sont pas compatibles avec la foi chrétienne et aujourd’hui, Jésus nous demande de rompre avec ses pratiques. Mais parfois il y a des choses qui ne sont pas forcément mauvaises en elles-mêmes mais qui ont pris trop de place dans notre vie. Ça peut être un loisir qui prend trop de place. Ça peut être les écrans. J’ai remarqué qu’ici comme en Europe, il y a la mode des écrans, non ? On voit toujours beaucoup de gens qui ont la tête baissée et qui regardent leur écran. Mais l’écran c’est pas forcément mauvais, mais si ça prend trop de place, alors on devient un peuple à la tête baissée. Ça veut dire comme des esclaves et on devient esclaves de la société de consommation parce qu’à travers les écrans, il y a les publicités, il y a tout ça. Il veulent nous faire croire que pour être heureux, il faut acheter ceci, il faut acheter cela et on perd notre liberté. Alors peut-être que aujourd’hui Jésus nous demande de laisser un peu tout ça de côté, de les mettre à leur juste place pour pas devenir esclave. Peut-être qu’aujourd’hui, dans le secret de notre cœur, on peut dire au Seigneur, “Seigneur, je te fais le sacrifice de telle ou telle chose à laquelle je suis trop attaché et avec laquelle je rompre.” Et puis frères et sœurs, dans cet Évangile, il y a aussi une promesse que Jésus fait à ceux qui acceptent de le suivre. Jésus leur dit, “Je ferai de vous des pécheurs d’hommes. Je ferai de vous des pécheurs d’homme.” Ça veut dire que vous allez évangéliser, vous allez ramener beaucoup de personnes à Jésus. Jésus veut faire de nous des missionnaires. Vous connaissez cette parole dans l’Ancien Testament où Dieu dit “Qui enverrai-je ? Qui enverrai-je ?” Et c’est aussi la question que Jésus nous pose aujourd’hui. Jésus a besoin de nous pour que la bonne nouvelle se répande dans le monde entier parce qu’il y a encore beaucoup de gens qui ne connaissent pas Jésus, qui ne savent pas que Jésus est le sauveur du monde. “Qui en verrai-je ?” Est-ce que j’ai vraiment conscience que de par mon baptême et ma confirmation, je suis missionnaire ? Ce ne sont pas que les prêtres ou les religieux qui doivent être missionnaires, c’est chacun d’entre nous. Est-ce que j’ai conscience d’être missionnaire ? Est-ce que j’en ai le désir ? En fait, plus je suis proche de Jésus, plus je réalise qui est Jésus, plus j’ai ce désir de témoigner de lui. Après, je vais me demander : “Mais comment faire ? Comment faire pour être missionnaire ?” Jésus a pris le temps de former ses disciples avant de les envoyer. Ça veut dire que nous avons besoin de nous former. Et je ne peux que vous encourager, frères et sœurs, à prendre le temps de vous réunir, de vous rassembler. En France, nous mettons en place des petites fraternités pour lire la parole de Dieu, pour l’approfondir, pour la partager, pour apprendre à dire qui est Jésus pour nous. Car comment pourrions-nous témoigner de Jésus si nous ne sommes pas capables de dire qui est Jésus pour nous, comment il est présent dans ma vie, comment j’ai fait l’expérience de sa miséricorde, comment il est venu me guérir, me consoler, me fortifier. Nous devons apprendre à témoigner de Jésus.

Frères et sœurs, puisqu’ici nous honorons la Vierge Marie, nous pouvons lui demander aujourd’hui qu’elle nous aide, elle qui est notre mère, elle qui conduit sans cesse à Jésus. Qu’elle nous apprenne à écouter la parole de Dieu, à accueillir Jésus dans nos vies, à nous laisser transformer par lui, à rejeter le péché, à choisir le bien, à choisir la vérité, à choisir d’aimer. Demandons à la Vierge Marie qu’elle nous apprenne à être d’authentiques disciples de Jésus et demandons à la Vierge Marie qu’elle fasse de nous de vrais missionnaires parce que le monde a soif de Dieu, le monde a soif de rencontrer Jésus. Oui, Vierge Marie, apprends-nous à suivre Jésus. Apprends-nous à être d’authentiques missionnaires. Amen

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