Chères sœurs et chers frères,
Aujourd’hui, nous clôturons le Jubilé de l’espérance et, dans notre diocèse de Lyon, le Seigneur nous accorde d’ouvrir une nouvelle année jubilaire. Il s’agit du bicentenaire de la naissance du bienheureux Antoine Chevrier et du quarantième anniversaire de sa béatification. Il n’est pas un saint seulement pour le passé : aujourd’hui encore, il nous montre une manière très attrayante de vivre l’Évangile.
L’apôtre de la Guillotière est né le 16 avril 1826 à Lyon. Il a été formé au sacerdoce dans notre ville et n’a rien souhaité d’autre que d’être prêtre diocésain au service des pauvres dans ce diocèse béni. Souvenons-nous du moment central de sa vie et de son ministère, ainsi que des conséquences que cela a eues sur toute son existence.
Nous sommes à Noël 1856. Antoine Chevrier, prêtre simple et zélé, vicaire de la paroisse Saint-André de la Guillotière, inquiet face au décalage entre les besoins d’évangélisation et les circonstances pastorales de son époque, médite le mystère de Noël et reçoit une grâce mystique et apostolique. Son existence de pasteur prend alors une nouvelle direction : la contemplation du Verbe incarné dans la pauvreté par amour devient pour lui une grâce de la connaissance de Jésus-Christ en vue de la mission. La lumière rayonnante du mystère de l’Incarnation éclate, silencieuse et transformatrice, dans son cœur et illumine son intelligence apostolique. Le Verbe éternel vient dans la chair pour chercher ce qui était perdu.
Séduit par la beauté et la bonté du Fils qui vient à la rencontre des hommes, le père Chevrier décide de suivre de plus près notre Seigneur Jésus-Christ, afin d’être plus capable de travailler efficacement au salut des âmes.
Dès lors, Antoine Chevrier ne peut s’empêcher de reconnaître le Christ dans les visages des pauvres et des exclus de la ville et veut les conduire à la connaissance, c’est-à-dire à l’expérience vivante du Christ.
À la recherche de voies missionnaires dans son propre diocèse, il fonde une œuvre de catéchèse et d’humanisation pour les enfants et les jeunes que les paroisses ne prenaient pas en charge en raison de la pauvreté et de l’éloignement dans lesquels vivaient ces populations. Il trouve, au cœur même d’un quartier marginal, une ancienne salle de danse de mauvaise réputation appelée « Le Prado ». Le père Chevrier l’achète pour commencer ce qu’il appellera l’Œuvre de Dieu.
Il découvre en ce lieu un appel fort à évangéliser les pauvres et les éloignés de sa propre Église diocésaine. Au fond, l’appel le plus profond était celui de commencer la formation de catéchistes pauvres pour les paroisses, enracinés dans la connaissance de Jésus-Christ et attachés à Lui. Peu à peu, grâce à la fécondité de ce charisme, une famille spirituelle se forme – prêtres, religieuses, laïcs consacrés ou non, diacres – désireuse de vivre selon l’Évangile et d’être disciples et apôtres parmi les plus pauvres.
En ce jour où nous commençons à célébrer joyeusement le bicentenaire de sa naissance, nous demandons au Seigneur que cette année soit une année de grâce et de bénédiction, au cours de laquelle nous pourrons tous mieux connaître cet extraordinaire témoin de l’expérience de Jésus, nous laisser guider par lui vers l’Évangile et les pauvres, et le considérer comme notre intercesseur auprès de Dieu.
Antoine Chevrier, prie pour ton diocèse de Lyon, pour l’Église de Jésus-Christ et pour toute la famille du Prado. Continue d’être notre guide, conduis-nous vers l’Évangile.
Lyon, le 02/01/2026
Père Diego MARTÍN PEÑAS
Responsable général de l’Institut des prêtres et frères du Prado