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Publié le 10 septembre 2019

13 – Emprise spirituelle, abus de conscience

Avec Isabelle Siben : comprendre le processus d’emprise spirituelle, son impact sur la victime, son lien avec les abus.


  Présentation de l’entretien

Isabelle Siben, médecin, victimologue et psychothérapeute, accompagne depuis plus de 20 ans des victimes d’emprise et d’abus dans son association « c’est à dire ». Elle nous explique le phénomène de l’emprise et les issues possibles pour les victimes.


  Regarder l’entretien

 


  Les questions posées et extraits

 

Comment définir l’abus spirituel ?

« L’abus spirituel peut être très grave et peut aller jusqu’à la destruction physique et psychique d’une personne et conduire jusqu’à une rupture avec Dieu. L’abus spirituel peut ouvrir à l’abus sexuel. »

« Lorsqu’il y a abus spirituel il y a à la fois une intrusion, une effraction dans l’intimité de la personne. Il va y avoir également un rapt de ses aspirations vers le beau, le bon et le bien. Certains parlent de « viol de l’âme ». »

Y a-t-il des contextes particuliers propices aux abus spirituels ?

« Oui et non. Quelqu’un qui évolue dans le milieu chrétien sait qu’il va être respecté, donc il fait confiance, il laisse tomber ses défenses et  il pense pouvoir jouir de la liberté des enfants de Dieu. Les abuseurs vont pouvoir entrer comme dans du beurre dans ce contexte. »

« Autant il n’y a pas de personnalité propre à se faire abuser, autant le type d’abus est fonction du type d’abuseur : un pervers, un immature, un opportuniste, un imposteur ou un impulsif. »

Qu’est-ce qui va favoriser plus spécifiquement les abus sexuels ?

« Ce que j’ai pu observer c’est tout d’abord une ignorance, peut-être un manque de bon sens, un manque de formation, parfois, chez les personnes qui ont une responsabilité d’ordre spirituel et en particulier lors de l’accompagnement spirituel. »

« Il y a également les statuts de certaines communautés ou bien les règles de certains groupes qui ne sont pas suffisamment protecteurs ».

« Il y a également les notions de miséricorde et de compassion. (…) Pour un abuseur, pendant longtemps, il s’est dit qu’au prétexte de la miséricorde il serait pardonné et protégé. »

Quelle différence entre emprise et harcèlement ?

« Ce sont deux moyens pour arriver à ses fins. La fin du harcèlement c’est l’atteinte à la dignité de la personne, c’est sa déstabilisation et voire son consentement. La fin de l’emprise c’est l’appropriation de l’autre, et sa soumission. Transformer l’autre en marionnette ou en pion, voire le détruire ».

« L’emprise est une aliénation mentale, psychologique et spirituelle qui va endormir la conscience et qui va obscurcir le discernement. »

Comment la victime sous emprise peut-elle trouver une issue ?

« La seule issue acceptable pour une victime c’est la liberté et la vie. »

« La première étape va être la prise de conscience alors que sa conscience est obscurcie ».

« La deuxième étape ça va être de parler, de trouver quelqu’un à l’extérieur pour dire, pour se faire aider. (…) Il faut parler et soigner. »

« La troisième étape ça va être de se réouvrir à la vie. »

 


 

Contact / Procédure de signalement
  • Écrire à Mr le Procureur de la République, Tribunal de Grande Instance – 67 rue Servient 69003 Lyon.
  • À l’Église :
    signalement@lyon.catholique.fr
  • Signaler à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église : 7 jours sur 7 de 9h à 21h au 01 80 52 33 55 ou victimes@ciase.fr

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