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Par le bénévolat

Publié le 29 septembre 2019

1 – La blessure de l’enfant victime

Avec Véronique Garnier : au cœur d’un témoignage pour mettre des mots sur l’abus et les souffrances.


  Présentation de l’entretien

Véronique Garnier, déléguée épiscopale pour la protection des mineurs et des personnes vulnérables à Orléans, victime d’un prêtre de 13 à 15 ans, offre son témoignage pour libérer la parole et s’adresse aux membres de l’Église et aux familles avec un message d’espérance et de foi en l’Église.


  Regarder l’entretien

 


  Les questions posées et extraits

 

Selon vous que se passe-t-il dans le corps, dans le cœur, dans la tête et dans l’âme d’un enfant abusé sexuellement par un prêtre ?

« En fait ce qui arrive a un enfant qui est abusé c’est comme s’il explose en mille morceaux.

[…]

C’est une bombe et le corps, la psychologie, la vie spirituelle, les émotions, tout explose. L’enfant ne sait plus où il en est. On perd tous ses repères et c’est une telle souffrance qu’on peut se dissocier – c’est-à-dire, c’est ce que je faisais aussi- ça fait tellement souffrir que c’est comme si on s’en va de son corps et on attend que ça passe. »

Qu’est-ce qui vous semble abîmé aujourd’hui dans votre vie d’adulte ? 

« Abîmer, c’est le mot. Aux deux sens du mot : abimer, esquinter, bousiller et aussi abîmer : l’adulte que je suis devenue est comme tombée dans un abîme. Donc en effet beaucoup de choses sont abimées parce que c’est la personne toute entière qui est abusée. Ce n’est pas seulement le corps, mais c’est aussi le cœur, l’âme, l’esprit. »

Qu’est-ce qui vous restaurerait le plus ? Comment expliquer que certaines victimes parlent et d’autres ne parlent pas ?

« Je vais répondre au présent : qu’est-ce qui me restaure le plus aujourd’hui ? je crois pouvoir dire c’est Jésus qui me restaure. Mais Jésus a besoin d’une sorte d’espace où ça va être possible. Et d’après-moi, cet espace, c’est le dialogue. »

« (…) c’est ce qui a permis pour moi un chemin, un chemin de vérité, c’est-à-dire où j’ai pu dire la vérité de ce qui m’est arrivé, même si, où je peux être vraie vraiment comme je suis avec quelqu’un de l’Église et ça ce chemin qui s’est ouvert pour moi est le lieu de la restauration, le lieu de la reconstruction, le lieu du relèvement, je peux dire, le lieu de la résurrection. »

Qu’espérez-vous des citoyens et de la société aujourd’hui, qu’espérez-vous des membres de l’Église, de l’institution ?

« Parce que le silence enferme alors que la parole peut libérer et je veux souligner que c’est grâce aux victimes que le silence petit à petit est brisé aussi dans la société. »

« On doit apprendre à repérer des signes inquiétants chez des enfants ou chez des adultes à  savoir qu’est-ce que je fais ou comment je fais ? parce que le pire c’est si je ne fais rien. »

J’attends que les chrétiens ouvrent leurs yeux, ouvrent leurs oreilles, ouvrent leurs cœurs à la souffrance des enfants qui ont été abusés au sein de l’Église et des personnes adultes même âgées qu’elles sont devenues. »

« J’attends aussi que l’Église, après avoir compris la gravité, avoir pesé, peut-être avoir pleuré, répare ce qui est encore possible à réparer et surtout s’engage à tout faire pour ce ça ne recommence pas. »

Qu’aimeriez-vous dire aux familles, aux parents qui vous écoutent ?

« S’il vous plait écoutez vos enfants ! Écoutez ce qu’ils essaient de dire par tous les moyens et faites quelque chose pour eux. Je veux dire faire un signalement, aller à la police, écrire au procureur s’il y a vraiment quelques chose de gravissime qui se passe.

« Si vous vous apercevez, si vous vous rendez compte de comportements inadaptés ou inappropriés, surtout ne laissez pas faire surtout osez intervenir. »

« Ne sacrifiez pas vos enfants pour la réputation de votre famille. De la même façon, on ne peut pas sacrifier les enfants pour sauver l’image de l’Église. »

Qu’aimeriez vous dire aux évêques, prêtres et séminaristes pour les aider dans leur mission, les encourager à changer et se renouveler ?

« N’ayez pas peur de nous les victimes. Nous ne sommes pas vos ennemis, nous ne sommes pas les ennemis de l’Église et ce n’est pas nous, ce n’est pas par nous que le scandale arrive. »

« Je voudrais vous demander de vous engager de plus en plus nombreux à tout faire pour ce qui nous est arrivé n’arrive plus à des enfants. »

« Ni vous ni moi n’avons choisi le passé, mais ensemble, nous pouvons choisir le présent, pour un avenir meilleur. »

« Cette conversion qu’il appelle, c’est de mettre les victimes au centre, de remettre en quelque sorte en même temps le Christ crucifié au cœur de l’Église, qui a été en quelque sorte écarté, rejeté du cœur de l’Église en même temps que les victimes. »


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Contact / Procédure de signalement
  • Écrire à Mr le Procureur de la République, Tribunal de Grande Instance – 67 rue Servient 69003 Lyon.
  • À l’Église : paroledevictime@cef.fr
  • Signaler à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église : 7 jours sur 7 de 9h à 21h au 01 80 52 33 55 ou victimes@ciase.fr

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