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Publié le 28 septembre 2019

4 – Qu’est ce qu’un pédophile ?

Avec Gérard Ribes : identifier des personnalités complexes à tendance pédophile ou pédocriminelle.


  Présentation de l’entretien

Gérard Ribes, psychiatre, sexologue, aide à discerner et distinguer les comportements inadaptés, les attitudes inappropriées, les gestes et les conditions d’encadrement préoccupantes.


  Regarder l’entretien

 


  Les questions posées et extraits

 

Que peut-on dire de l’histoire des pédophiles ?

« Dans 70% des cas en gros on va retrouver quand même un certain nombre soit de carence soit d’agression quand ils étaient enfants. (…) »

« Soit ils ont été victimes de violences eux-mêmes, mais de violence pas forcément sexuelle, mais de violence où ils n’ont pas été reconnus en tant que personne (…) et où ils vont avoir une difficulté à penser les autres comme étant des individus parce que eux-mêmes ont du mal à se penser comme des individus. (…) A ce moment-là on va beaucoup trouver de ces personnalités qu’on va qualifier de perverses. »

« Deuxième élément c’est toute la question des carences affectives. Ce sont des enfants qui ont été dans un milieu qui paraissait tout à fait sain (…) mais par contre ils ont manqué cette dynamique affective dont a besoin un enfant (…) et qui vont rester dans ce manque affectif. C’est à partir de ce manque affectif qu’ils vont être dans une recherche affective vis-à-vis des enfants. »

« Donc on va retrouver ces éléments, soit de grandes carences en terme de construction identitaire, quasiment, et là on va aller plutôt dans le registre des pervers. Soit on va avoir ces carences affectives qui vont faire qu’il va y avoir cette grande immaturité affective qui va faire, entre guillemets, le lit de la personnalité des futurs pédophiles. »

Certains comportements doivent-ils nous alerter ?

« Quand on a ces personnalités perverses, ce sont des gens qui vont construire un univers dans lequel ils vont pouvoir passer à l’acte, (…) ils mettent en place les éléments pour leur prédation. Pour ceux qui sont dans cette immaturité affective, ce sont toutes ces personnes qui vont être (…) dans un monde d’enfant à enfant où tout va se mélanger. »

« La plus grosse des vigilances pour moi ce sont ces gens qui se mettent dans une position où ils sont tellement adulés que plus personne ne voit rien. »

Existe-t-il des environnements qui  favorisent la pédocriminalité ? 

« Une grande majorité des pédophiles (…) ne vont pas passer à l’acte. Parce qu’il va y avoir justement un environnement (…) qui va mettre des cadres suffisants pour que ça tienne.
Un prédateur va aller dans un endroit où il y a des proies potentielles. »
« On va les retrouver vraiment dans tout ce qui peut être zones où il y a des enfants qui peuvent être présents. Ils vont se mettre en position d’autorité, (…) une autorité telle qu’ils vont pouvoir quasiment mettre leurs règles en place. »

Avoir des pensées pédophiles est-ce être un pédocriminel ?

« Avoir des pensées pédophiles ce n’est pas forcément d’abord passer à l’acte en tant que pédocriminel. »

« Par contre si ces pensées sont récurrentes, (…) à ce moment-là il faut que la personne s’interroge sur son risque de passage à l’acte, surtout s’il est dans une période fragile. »

« La pédophilie ce n’est pas une histoire de sexualité, c’est une histoire de rapport à l’autre, c’est une histoire soit de rapport de domination soit un rapport affectif à l’autre qui n’est pas ajusté. »

Comment réagir face à une personne qui n’a pas un comportement ajusté face aux enfants ?

« Du moment où on a une interrogation il faut qu’on puisse se poser des questions.
Dès qu’il y a une interrogation, par rapport à la personne qui a ce comportement que nous on va qualifier de pas ajusté, il va falloir pouvoir l’interroger, en lui disant « je ne comprends pas la manière dont tu te positionnes ». A ce moment-là je suis en vigilance. »

« Pouvoir interroger l’autre, mais en interrogeant l’autre par rapport à soi.
Se mettre en position, non pas que d’interrogateur, mais de remettre les cadres dans lesquels on est. »

Comment empêcher un abuseur de passer à l’acte ?

« Là c’est la référence à la loi. Et tout le monde est responsable. Du moment où on se dit qu’il y a un danger il faut aller vers une plainte. Ne différons pas les choses. »


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Contact / Procédure de signalement
  • Écrire à Mr le Procureur de la République, Tribunal de Grande Instance – 67 rue Servient 69003 Lyon.
  • À l’Église : paroledevictime@cef.fr
  • Signaler à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église : 7 jours sur 7 de 9h à 21h au 01 80 52 33 55 ou victimes@ciase.fr

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