Avec Marie-Pierre Boichat, Soeur de la charité

Méditation de l’Evangile du dimanche 18 janvier 2009.

Dans ce texte il y a plusieurs aspects dont je veux te faire profiter à toi qui lis ce texte.

D’abord c’est un évangile de l’appel, une Bonne Nouvelle de l’appel. Jean le Baptiste, par une simple parole – tout de même très étrange à nos yeux d’Occidentaux du 21è s. : « voici l’Agneau de Dieu » - envoie deux de ses disciples vers Jésus. L’un d’eux, André, emmènera son frère Simon – qui deviendra Pierre – à Jésus.

Cela me dit que nous sommes des relais entre nous, des témoins sur le chemin à la rencontre du Christ, des appelants afin que ceux qui ne connaissent pas encore puissent connaître le « Maître » ; afin que ceux qui ne savent pas puissent apprendre qui est Jésus. C’est tout simplement de cette manière-là que la Bonne Nouvelle du Ressuscité est arrivée jusqu’à nous. Notre responsabilité aujourd’hui c’est de la transmettre à ceux qui viennent après nous, derrière nous, à ceux que nous rencontrons sur le chemin.

Il y a ensuite cette expression que je soulignais plus haut : « Agneau de Dieu ». Elle nous est familière puisqu’à chaque Eucharistie nous la reprenons par trois fois juste avant de communier au Corps du Christ. Mais la comprenons-nous seulement ?

Pour Juifs qu’ils étaient, ces disciples du Baptiste comprenaient sans explication, sa signification. Cette expression nous renvoie à l’aube du Salut du peuple Hébreux esclave en Egypte. Au moment de quitter ce monde de l’esclavage, ils ont mangé « à la hâte » l’agneau qu’ils avaient immolé. Ce fut la première Pâque. Jésus a Lui aussi mangé l’agneau pascal, avant de s’identifier à Lui, avant de devenir Lui-même l’Agneau de Dieu, l’Agneau pascal, l’Agneau immolé, la Pâque par excellence.

Il y a également le dialogue entre les deux disciples du Baptiste et Jésus qui me parle.

« Que cherchez-vous ? » demande Jésus à ses deux interlocuteurs. Et comme lorsque nous sommes embarrassés, nous répondons par une question – « rien de nouveau sous le soleil » dirait Qohélet – « où demeures-tu ? » « Venez et vous verrez ! » De fait ils voient et restent avec Lui ce jour-là.

Demeurer en Jésus pour apprendre à Le connaître, pour écouter, entendre sa Parole, pour aimer et se laisser aimer par Lui, pour se laisser façonner par son Amour, pour devenir, redevenir à son image. Oui, n’ayons pas peur de DEMEURER auprès de Lui, en Lui, pour que son Visage nous illumine tout entier, pour que sa Parole nous transforme radicalement.

Un dernier aspect que je désire souligner, c’est le changement de nom. Dans la tradition biblique nous le voyons à plusieurs reprises : Abram devenu Abraham, Saraï devenue Sarah, Saul devenu Paul, Simon devenu Kepha-Pierre. A chaque fois le changement de nom se fait au moment où la personne reçoit une mission divine, une responsabilité nouvelle et qui n’est pas encore totalement comprise et intégrée par la personne-même. C’est peu à peu que nous découvrons qui nous sommes en profondeur. Ce n’est qu’au contact de Jésus, qu’en demeurant avec Lui que nous devenons davantage celui/celle que nous sommes. Ce n’est qu’en écoutant sa Parole que nous vivrons notre mission d’appelants et qu’elle sera efficace, car la Parole de Dieu EST efficace.

La véritable rencontre avec Jésus, avec l’Agneau de Dieu, est mystère de communion, source de vie.

Alors à toi qui me lis, je te souhaite en ce début d’année nouvelle, une joyeuse rencontre avec le Ressuscité. N’aie pas peur de demeurer en Lui. Tu deviendras toi-même !

Marie-Pierre Boichat
Sœur de la Charité


Evangile : Jean 1, 35-42
35i Jean Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.
36 Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »
37 Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus.
38 Celui-ci se retourna, vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi (c’est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? »
39 Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils l’accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers quatre heures du soir.
40 André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus.
41 Il trouve d’abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ).
42 André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képha » (ce qui veut dire : pierre).

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Publié le 12 janvier 2009 dans : Témoigner > La Parole de Dieu > L’Evangile de dimanche prochain