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Publié le 29 septembre 2019

3 – À l’écoute des victimes

Avec Liliane Daligand : ouvrir les yeux et les oreilles sur les enfants victimes d’abus : comment les écouter et les aider.


  Présentation de l’entretien

Liliane Daligand, psychiatre, professeur émérite de médecine légale, expert de justice, nous permet de mieux comprendre le traumatisme et les conséquences d’un abus sur un mineur. Les signes qui doivent nous alerter chez l’enfant. Elle donne à chacun de précieux conseils pour mieux accompagner et écouter les enfants.


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  Les questions posées et extraits

 

Comment comprendre le traumatisme subi par l’enfant abusé ?

« Il y a deux situations, une première situation où c’est un abus unique. (…) C’est violent, c’est par un inconnu en général, et la menace est là, la peur est là et ça va entraîner un trauma psychique.

La deuxième situation, qui est beaucoup plus fréquente chez les enfants et surtout les petits, c’est l’abus sexuel répété par un proche (…). La peur ne va pas être au premier rang, mais il va d’ailleurs se laisse piéger »

[…]

« Il y a une phase d’incitation, de jeu, ensuite il va y avoir une phase d’exploitation (…), la troisième phase ça va être la phase du secret. (…) Il y aura très rapidement la culpabilité et puis la honte. »

De quels types de souffrance parle t-on : physique, psychique, spirituelle ?

« Je crois que l’on peut déjà parler de souffrance physique »

« L’enfant se plaint de douleurs, c’est un corps qui souffre. »

« Et puis il y a forcément aussi des douleurs psychiques (…) l’enfant va être très culpabilisé »

« Et puis il y a forcément me semble-t-il une souffrance spirituelle dans la mesure où traiter un enfant uniquement par des gestes, sans parole (…), c’est faire perdre à l’enfant son humanité puisqu’on le réduit à l’animalité, qui ne parle pas. (…) ça limite son processus d’humanisation. »

Quelle mécanique neurologique (amnésie/silence/réminiscence) se construit pour l’enfant abusé ?

« La mémoire est toujours affectée (…) que ce soit du côté de l’amnésie ou de l’hypermnésie. L’amnésie, il y a un trou noir, on n’a pas de souvenir, ça peut durer d’ailleurs cette amnésie pendant des années ou c’est une hypermnésie c’est-à-dire que la mémoire est aiguë et l’enfant se souvient de tout, dans les moindres détails. »

Y a t-il des signes caractéristiques de l’enfant victime ? Manque de confiance en soi, errance, mutisme, violence, agressivité envers les autres ?

« On va pouvoir retrouver tous les symptômes que vous venez de donner. Mais il faut aussi savoir que sûrement plus de 30% des enfants victimes n’ont aucun symptôme »

« On peut retrouver des enfants qui vont avoir des troubles intestinaux, (…) des symptômes de régression, (…) des troubles dermatologiques (…), des troubles de conduite alimentaire, (…) des troubles du sommeil qui sont fréquents, (…) des troubles du comportement, (…) des troubles du caractère. »

Que faire pour aider les parents à mieux être à l’écoute de leurs enfants ?

« Vous allez commencer par écouter votre enfant, le silence de votre enfant éventuellement »

« Être à l’écoute ça veut dire être à l’écoute de la parole, mais qui peut être une parole très très pauvre, petite, difficile, et il faut aussi être à l’écoute des attitudes, de cette fameuse parole non verbale. »

Comment accompagner les enfants d’aujourd’hui à comprendre ce danger et les alerter sans les choquer ?

« Je crois qu’on devrait apprendre aux enfants depuis petits qu’on ne se confond pas avec le corps de l’autre, qu’on peut dire non, si on est approché, si quelque chose vous déplaît. Voilà vous n’avez pas à tout accepter d’un autre parce qu’il est plus grand, parce qu’il est dominant, parce qu’il est de la famille, parce que c’est un ami. »


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Contact / Procédure de signalement
  • Écrire à Mr le Procureur de la République, Tribunal de Grande Instance – 67 rue Servient 69003 Lyon.
  • À l’Église : paroledevictime@cef.fr
  • Signaler à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église : 7 jours sur 7 de 9h à 21h au 01 80 52 33 55 ou victimes@ciase.fr

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