Chargement du site...

Engagez-vous maintenant

Par la prière

Par le bénévolat

Actualités
4e dimanche de carême 2020 : de la cécité à la lumière

Publié le 16 mars 2020

4e dimanche de carême 2020 : de la cécité à la lumière

En lien avec le livret de carême 2020, nous vous proposons de méditer l’Évangile de chaque dimanche de carême.

Étape préparatoire : il s’agit avant tout d’entrer dans une lecture priante des textes bibliques. Pour cela :

  • Prendre le temps de lire et de relire lentement le texte d’évangile.
  • Repérer, dans la scène, le ou les lieux, le temps, les personnages : la manière dont ils nous sont présentés, ce qu’ils font, ce qu’ils disent. Prêter aussi attention à ce qui se passe entre le début et la fin du récit : quel changement ? quelle nouveauté ?
  • Laisser la Parole résonner en vous, en vous aidant des questions posées. Il ne s’agit pas de répondre à tout mais de pointer, de manière concise, ce qui vous parle le plus.
  • Conclure éventuellement ce temps personnel par un Notre Père ou un Magnificat.

Deuxième scrutin pour les catéchumènes, les scrutins sont une initiation au sacrement de pénitence et de réconciliation, afin qu’ils soient fortifiés et qu’ils préparent leurs coeurs à recevoir les dons du seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 9, 1-12

En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.

Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »

Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les oeuvres de Dieu se manifestent en lui.

Il nous faut travailler aux oeuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »

Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »

Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. »

Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »

Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. »

Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » 


Écouter la Parole

Encore un effet bénéfique de l’eau. Non plus celle qui abreuve, comme pour la Samaritaine, mais celle qui lave. L’épisode se prolonge jusqu’au verset 41, mais l’ancien aveugle a déjà exprimé l’essentiel de son attitude : « Je me suis lavé, alors j’ai vu. » La boue que Jésus lui met sur les yeux se mêle à celle qui lui bouchait la vue antérieurement, et il est soudain débarrassé de toute forme d’aveuglement. Quand on lui demande où se trouve celui qui l’a fait venir à la lumière, il répond : « Je ne sais pas. » Devenu voyant, il est aussi devenu lucide. Il se doute que les questions qu’on lui pose sur Jésus manquent de bienveillance. Il ne trahira pas celui qui l’a guéri. 

On a parfois fait de lui un naïf, il est plutôt plein de finesse. Lorsque, plus loin dans le texte, les pharisiens l’interrogent avec insistance sur Jésus, il leur répond, non sans ironie : « Serait-ce que, vous aussi, vous voulez devenir ses disciples ? » « Vous aussi… » : il exprime par-là que, pour lui, c’est déjà fait. Qu’est-ce alors qu’un disciple de Jésus ? C’est une personne qui est passée de la cécité à la lumière, et qui est tellement reconnaissante de ce passage qu’elle veut protéger son maître contre tous ses ennemis. 


Laisser résonner la Parole

Voici encore une rencontre de Jésus avec un marginal. Cette fois c’est un aveugle de naissance. Il est rejeté par tous et ne peut travailler. Je regarde cette scène et considère chacune des personnes et j’essaye de ressentir ce qui se passe dans les coeurs. Que ressentent-ils ? Que font-ils ? Que disent-ils ? Certains parlent de péché. Que répond Jésus ? Se contente-t-il de parler ? Et comment la guérison se fait-elle ? Est-ce « magique » ? Quels effets cette guérison produit-elle sur l’aveugle ? Il devient un homme libre : quand on l’interroge sur son identité, il affirme : « c’est moi ! ». 

Peut-être ai-je fait l’expérience de la révélation de mon péché. Jésus me demande une démarche qui m’ouvre les yeux et la lumière jaillit. Je peux me rappeler ces moments et rendre grâce de cette expérience qui m’a été donnée. Je peux aussi désirer et demander que cette grâce me soit accordée. 


Se laisser transformer par la Parole

Guy-Alain, baptisé à 38 ans, agent de propreté

« Au départ, j’étais une personne sourde et aveugle à la foi, bien que ma famille m’en ait parlé. Mais à partir de là, j’ai commencé à entendre ce que Dieu me disait. Je sais que dans la vie, il y aura de la pluie, de la boue, je ne veux plus tomber, avec l’aide du Seigneur, ou si je tombe qu’il me relève. Je n’ai pas seulement choisi de renoncer à ce qui est mal, mais j’ai aussi choisi de consacrer du temps à Dieu dans la prière qui est descendue de mes lèvres à mon coeur. »


Regarder la Parole

La guérison de l’aveugle né,  Le Greco, 1570,  Metropolitan Museum of Art, New York

Télécharger l’image en HD

Ce tableau est une oeuvre de jeunesse du Greco ; il a peint trois versions de ce tableau dans les années 1570 lors d’un séjour à Venise. 

Quatre groupes de personnages animent le premier plan. Desquels vous sentez -vous le plus proche ? À gauche, des hommes s’interpellent vivement, ils discutent entre eux. Ce sont eux qui ont voulu empêcher l’aveugle de s’approcher du Christ. À droite, un autre groupe d’hommes, plus statique où chacun exprime des émotions différentes. Le point central du tableau, c’est bien sûr le Christ et l’aveugle. Jésus est en mouvement, il approche délicatement sa main du visage de l’aveugle. Cet homme malade est agenouillé, comme collé au sol, pesant, d’ailleurs ses vêtements reprennent les coloris du dallage. Pour finir, attardez-vous sur le groupe au premier plan, un homme et une femme semblent rendre grâce, la main sur le coeur, ébahis par le miracle dont ils sont témoins.